« I fé pa pouss flèr kou d’baton »
5 zwin, sanmIn kozman pou la rout
17 juillet 2008

Le 5 juillet dernier, pour fêter l’Indépendance des Comores, a eu lieu à Lyon une conférence-débat sur l’économie de la Réunification de l’Archipel des Comores. Ce débat populaire était animé par Anrmy (1).
La première demi-heure s’est orientée sur l’Economie de la Réunification (une première dans le thème - ndlr) au sein de l’archipel des Comores : Maoré, Ndzuani, Ngazidja, Mwali.
Ensuite, le débat était ouvert à un public très divers en origine et en genre.
Dans les propositions d’un projet de développement commun aux 4 îles, Anrmy s’est attardé sur les principales caractéristiques de la structure économique actuelle des 3 îles (Mwali, Ndzuani, Ngazidja). Il évoque leur histoire économique exportatrice et colonisatrice. Il met ensuite l’accent sur le problème du déficit commercial, de la dette et de la dépendance. Quant à Maoré, elle reste soumise à une économie sous perfusion téléguidée depuis Paris et Bruxelles.
A cela, Anrmy expose de manière pragmatique et concise une réflexion sur les mesures économiques à appliquer dans l’ensemble de l’archipel des Kamars : Une Révolution dite « Verte et Bleue », comme il la nomme. En somme, un plan Terre-Mer axé sur l’agriculture et la pêche respectant parfaitement la structure de la population à 65% rurale.
S’inquiétant de la manière dont le “plan Terre” se présente, Dhoul, Anjouanais, pense que « le remembrement est un problème qui peut être résolu par une meilleure formation des agriculteurs afin de mieux exploiter la Terre ».
Quant au “plan Mer”, Yacine, Grand Comorien, s’interroge « s’il est appliqué à titre individuel ou étatique ».
Selon l’idée d’Anrmy affirmant que l’Afrique n’a aucunement besoin des pays dits amis pour se développer, Dhoul pense plutôt « que la question n’est pas de dire NON à l’aide, mais pour quoi faire ? et pour quels objectifs ? (...) L’Afrique n’est rien sans aide ! ».
D’autre part, réagissant aux arguments de Michel, Français, Hydraulique Sans Frontières dénonçant « l’importance de la diaspora dans la manière d’utiliser les fonds envoyés aux Comores », Anrmy propose que ces transferts doivent réduire progressivement pour aller vers des transferts de compétences professionnelles. Ces transferts de fonds s’élèvent à 72 millions euros par an (cf. le rapport d’octobre 2007 de la Banque Africaine de Développement), soit 1 fois et demie le budget des Comores. De l’avis de Michel, ces fonds doivent « s’orienter vers un investissement productif et non dans des coutumes onéreuses comme le Anda » (Grand Mariage Grand Comorien).
Bien évidemment, Anrmy insiste pour conclure qu’aucune de ces réflexions ne pourra être réalisable sans Unité, sans Solidarité et sans Amour entre les 4 îles issues d’une même tradition, d’une même histoire et du même sang. « Je rejoins cette idée et félicite l’initiative en encourageant que d’autres conférences de ce type se reproduisent (...), un moyen pour nos enfants et nos futurs d’en connaître davantage sur notre pays », ajoute Sandia, 40 ans, Anjouanaise.
Il en va de l’Avenir et de la Réussite économique des Kamars (Ce sont les Arabes qui ont donné au début du 16ème siècle ce nom : Kamar - Iles de la Lune).
(1) Né dans l’océan Indien aux Kamar, Anrmy B. poursuit des études en Commerce International sous le soleil montpelliérain. Il décroche brillamment aux Etats-Unis (2001) un Master trilingue en Négociation et Gestion de Projets Internationaux.
Son riche parcours professionnel le mène dans les quatre coins du globe. Après Les Canaries, les Etats-Unis, Puerto Rico, La Réunion, l’Espagne, Dubaï, il pose aujourd’hui ses valises à Londres où on lui a confié le développement stratégique des marchés hispanophone et francophone d’une grande société américaine.
Très attaché à sa terre natale, il s’engage activement dans des actions humanitaires, en particulier le domaine de l’éducation et la santé. Il a aussi l’honneur d’être membre de la famille Rotaract, la branche jeune du Rotary International.
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