Comores

Fin des conflits de compétences ?

Investiture des présidents des îles

Témoignages.re / 6 juillet 2007

Les discours prononcés à Mohéli et à Ngazidja lors de l’investiture des présidents nouvellement élus augurent d’une cordiale collaboration entre le gouvernement fédéral et les îles autonomes. L’opposition dirigée désormais par Maître Larifou parle d’un danger pour la démocratie, ce renforcement des pouvoirs du chef de l’Etat.

C’est en présence du gratin de l’administration, des parlementaires et du corps diplomatique et une foule immense que s’est déroulée la cérémonie d’investiture de Mohamed Abdouloihabi en tant que 2ème Président de l’île de Ngazidja, le 30 juin dernier, sur le parvis du Palais du Peuple à Moroni. Le président par intérim a essayé malgré le chahut du public de faire un bilan positif du sortant dans sa quête permanente des compétences. Les orateurs suivants, en particulier le Vice-président de l’Union et le tout nouveau chef de l’Exécutif de Ngazidja, ont martelé que c’est la fin des conflits stériles et que désormais, l’Etat et la plus grande des îles vont marcher main dans la main dans la lutte contre la pauvreté et la consolidation de l’Unité nationale.

Le lendemain, dans une cérémonie similaire qui a eu lieu sur la Place de la réconciliation du chef-lieu de Mohéli, les orateurs n’ont pas dit autre chose. Le riche commerçant qui a eu raison du président sortant a affirmé sa disposition à coopérer avec le chef de l’Etat pour résoudre le problème du manque d’infrastructures dans son île et œuvrer au parachèvement de la réconciliation nationale.

Cette question de l’Unité nationale est revenue chez tous les orateurs en raison de la situation qui prévaut à Anjouan, où le Colonel Bacar s’est autoproclamé président.

Le Président Sambi, absent de ces manifestations, se trouvait à Accra au Sommet de l’Union Africaine pour interpeller ses pairs sur la nécessité d’agir rapidement.

D’un autre côté, une partie des candidats éliminés au premier tour s’est regroupée autour de l’avocat saint-pierrois pour critiquer pêle-mêle la politique de gouvernement de l’Union, la gestion de la crise anjouanaise, la transparence des dernières élections, allant jusqu’à mettre en cause la légitimité du chef de l’Etat.

Pour cette nouvelle opposition, le renforcement du pouvoir de l’Etat né du dernier scrutin est un danger pour la démocratie et pour le pays, car un président qui ne peut plus se rendre chez lui ne peut pas gouverner les autres îles.

Toihir Soilihi, un instituteur exerçant dans le Mbadjini, regrette l’attitude des artisans de la crise permanente : « Des gens instruits ont sollicité notre suffrage, il y a quelques jours, nous les avons rejetés avec un score de moins de 5% pour certains ; pourquoi veulent-ils continuer à parler en notre nom ? ».

A. M.