Les questions du temps présent
21 juillet, parCeux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
Développement Communautaire aux Comores
3 juillet 2006

Le Fonds d’Appui au Développement Communautaire (FADC) œuvre depuis près de 13 ans au désenclavement des villages par la construction d’infrastructures : routes, écoles, centres de santé, alimentation en eau potable. Financé par la Banque Mondiale, ce projet a battu plusieurs records. Le nombre important de bénéficiaires dans les trois îles, la participation des communautés dans l’élaboration, l’exécution et l’entretien des ouvrages expliquent son exceptionnelle longévité, et l’augmentation régulière de son enveloppe de crédit.
Le 29 juin dernier, la ville de Mkazi, une importante agglomération à l’est de Moroni, a accueilli des membres du gouvernement de l’Union et de l’île de Ngazidja, des députés, des notables venus de toute la région, les responsables de l’Université et beaucoup d’étudiants. Il s’agissait de la cérémonie de pose de la première pierre de la construction d’une nouvelle route qui va relier le village de Mdé au sud de la capitale à l’université en passant par Mkazi. Il était temps, ont martelé la plupart des intervenants, car cette route qui résout à moitié les problèmes de l’Université, était attendue de longue date par les villages de la partie haute de la Région de Bamabao coupés de sa zone maritime notamment Iconi, Mdé et Vouvouni sur la route nationale 2.
Les orateurs ont tous exprimé leur gratitude à l’endroit du FADC et la Banque Mondiale d’avoir accepté de financer cette piste de 6.5 km pour un montant de 120 millions de francs comoriens (220.000 euros).
Pour sa part, Mihidhoir Sagaf, le directeur national du FADC a rappelé les missions de son organisation, et remercié l’ensemble de la population d’avoir massivement adhéré à sa philosophie participative.
En effet, chaque localité a son Comité de Pilotage, son comité de Gestion, ses Animateurs Villageois de Développement. Beaucoup ont déjà élaboré leur Plan de développement Local après les formations reçues par les agents du FADC. Selon Tidjara, chargé du renforcement des compétences, les modules de formation portent sur la gestion communautaire, la gestion financière, la passation de marché, le suivi évaluation, l’intégration de la protection environnementale dans les plans de développement locaux et l’entretien des ouvrages.
Financement direct des communautés
Une nouvelle étape dans la responsabilisation des communautés vient être franchie cette année avec le financement direct.
Parlant de la nouvelle approche, Mihidhoir Sagaf, a montré que l’objectif de cette troisième phase du FADC, c’est "améliorer les conditions de vie des communautés les plus défavorisées, contribuer au renforcement des capacités des communautés et ses partenaires pour leur permettre de conduire un processus de développement local participatif et transparent".
Après une année de sensibilisation et de formation, deux villages les plus performants sont devenus éligibles au programme de financement direct. Il s’agit de Djoumoishongo et Hassendjé.
Cela consiste à remettre tous les fonds destinés à la réalisation d’un sous-projet à la communauté pour qu’elle engage elle-même le processus. Cette expérience a été initiée pour enraciner les concepts de biens communs, de gestion saine et transparente à la base en attendant qu’elle s’installe au niveau des administrations publiques.
Vers des SEM sur le modèle de La Réunion
La Banque Mondiale vient d’encourager les bons résultats du FADC, en proposant début juin 5,5 millions de dollars supplémentaires sous forme de don non remboursable. Ce qui fait passer son enveloppe de 13,5 à 19 millions de dollars.
Pour Charifa Ousseine, membre du Comité de Gestion de son village, le succès du FADC par rapport aux autres projets, est lié à "ses actions de proximités et son approche fondée sur le développement participatif et transparent".
En effet, pour bénéficier d’un financement de sous projet, le village contribue à hauteur de 10 à 15% du montant de l’investissement. Toutefois, si cela est facile pour les villages de la Grande-Comore qui ont l’habitude de travaux communautaires et qui bénéficient du soutien de la diaspora, il n’en est pas de même partout. L’extrême pauvreté de certains villages d’Anjouan a poussé le Directeur du FADC à effectuer une mission à Mayotte et à La Réunion en juin dernier pour sensibiliser les comoriens d’origine anjouanaise à soutenir le développement communautaire.
Le souhait de Monsieur Sagaf, c’est que l’expertise et l’expérience acquises par le FADC et ses partenaires en matière de recherche de Financement, d’identification, d’exécution, de suivi et évaluation de projet puissent être capitalisés et rentabilisés. Il est favorable à la création de Société d’Économie Mixte sur le modèle de La Réunion pour la gestion des infrastructures.
M. Aliloifa
Ceux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
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