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Une première : l’armée s’exprime publiquement sur la vie politique
12 mai 2010

« L’Armée nationale de développement (AND) réaffirme solennellement et unanimement qu’elle est au service de la nation comorienne et pour les intérêts supérieurs de celle-ci ». C’est en ces termes que, dans un communiqué publié mardi par l’Etat-major de l’AND, l’armée comorienne a réagi à l’arrêt rendu samedi dernier par la Cour constitutionnelle constatant la fin du mandat du président Sambi le 26 mai prochain.
Précisant avoir « pris connaissance de l’arrêt de la cour constitutionnelle », l’armée « encourage toutes les parties concernées, dans le cadre d’un dialogue franc et constructif, à la préservation de la paix, de la sécurité et de la cohésion nationales », invitant « à embrasser la démarche consensuelle prônée par cet arrêt ».
Après avoir rappelé ses « missions de défense du territoire et de la souveraineté nationale », l’AND a souligné dans son communiqué qu’elle s’engage solennellement et fermement à assurer la sécurité des personnes et des biens de tous les Comoriens ainsi que de tous les étrangers résidant aux Comores.
« L’AND se réjouit de l’esprit louable de sérénité dont ont fait preuve tous les Comoriens, suite à l’arrêt de la Cour constitutionnelle » a ajouté le communiqué avant d’appeler « tous les Comoriens à continuer de faire preuve de responsabilité et de solidarité en ces temps sensibles ».
On rappelle que c’est la première fois que l’armée comorienne sort de sa réserve, pour s’exprimer publiquement sur la vie politique nationale.
Dans un arrêt rendu samedi après-midi, la Cour constitutionnelle des Comores avait fixé la fin du mandat du président Ahmed Abdallah Sambi au 26 mai prochain.
Elle avait par ailleurs préconisé également la mise sur pied d’un gouvernement de transition qui devrait être formé de manière consensuelle par les exécutifs de l’Union des Comores et des îles autonomes.
L’arrêt de la haute juridiction mettait ainsi fin à une crise politique qui était montée d’un cran, depuis l’adoption par le Congrès, le 1er mars dernier, d’une décision qui fixait au 27 novembre l’élection du président de l’Union des Comores.
Cette décision avait été interprétée par les adversaires du président Sambi comme une astuce pour prolonger son mandat d’un an et demi, les autorités de l’île de Mohéli se disant spoliées de leur accession à la présidence tournante de l’Union, après Anjouan qui avait succédé à la Grande-Comore.
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