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Élection présidentielle de l’Union des Comores
17 mai 2006

Hier en milieu d’après-midi, les résultats officiels de l’élection présidentielle de l’Union des Comores n’avaient pas encore été rendus publics par la Commission nationale électorale (CNEC). Mais la large victoire du candidat Ahmed Abdallah Sambi ne ferait plus de doute. Depuis dimanche soir, ses partisans font la fête dans les rues des 3 îles de l’Union des Comores (Grande Comore, Anjouan, Mohéli).
Les résultats officiels de l’élection présidentielle aux Comores n’avaient toujours pas été rendus public hier après-midi. Les membres de la CNEC qui siège à l’Assemblée nationale à Moroni, capitale de l’Union des Comores, mènent depuis dimanche soir un travail sans répit de centralisation et de compilation des résultats venant des 624 bureaux de vote répartis sur l’ensemble du territoire.
Ils attendaient encore hier matin les résultats d’une trentaine de bureaux manquants. Selon le secrétaire d’État en charge des élections, Ali Abdallah, il s’agirait simplement "d’une erreur d’acheminement des plis contenant les procès-verbaux. Ils ont été joints à ceux de la Cour constitutionnelle, par faute d’inattention des membres de bureau". En principe, la tendance déjà annoncée dès dimanche soir par les médias devrait se confirmer. La victoire du candidat Ahmed Abdallah Sambi serait écrasante avec près de 60% des suffrages sur l’ensemble des 3 îles, suivi de Ibrahim Halidi crédité de 25% et Mohamed Djaafari 15%.
Il ne s’agit pour le moment que d’estimations établies sur la base de décomptes fournies par diverses sources concordantes. La participation a été en revanche relativement faible autour de 50%, alors qu’elle était de 60% à la présidentielle de 1996. À noter qu’après leur proclamation officielle, les résultats devront être homologués par la Cour constitutionnelle. Cette validation devrait intervenir mercredi après l’examen par la Haute Cour de tous les recours déposés par les différents candidats.
Mais sans attendre cette homologation, les partisans d’Ahmed Abdallah Sambi, certains de la victoire de leur candidat, font déjà la fête dans les rues de l’ensemble des 3 îles de l’Union des Comores. Ils sont d’autant plus confortés dans leur certitude de victoire que Ibrahim Halidi a reconnu sa défaite. Lundi soir, sa Direction de campagne a publié un communiqué de presse prenant acte du verdict des urnes. Pour Said Ali Said Attoumane, qui était le vice-président du candidat Mohamed Djaanfari à Ngazidja (Grande Comore), "il y a lieu de se féliciter du bon déroulement du scrutin malgré toutes les tentatives de fraude et d’intimidation déployées par le candidat soutenu par le pouvoir". Il faut respecter le choix populaire qui s’est porté sur Sambi, ajoute-t-il, car "cela traduit une réelle volonté de sanction d’un régime".
Le successeur du colonel Azali Assoumani sera officiellement investi président de l’Union des Comores le jeudi 25 mai, au cours d’une cérémonie solennelle en présence de tous les corps constitués et des représentants de la communauté internationale.
El-Had Said Omar
La société civile impliquée dans le processus électoral
Dans le cadre de l’élection présidentielle de l’Union, le Programme des Nations-unies pour le développement (PNUD) a apporté un appui particulier aux organisations de la société civile comorienne, pour des actions de sensibilisation et d’éducation civique destinées à renforcer la participation de la population au vote.
L’objectif recherché, selon le communiqué publié à Moroni, est "de contribuer à l’enracinement de la démocratie et au bon fonctionnement des institutions". Cet appui du PNUD a permis notamment de faciliter le travail des observateurs nationaux et internationaux déployés sur le terrain le jour des élections pour veiller au bon déroulement du scrutin.
Par cette action de soutien, le PNUD, espère contribuer à l’émergence "dans le pays d’une société civile active et responsable, attachée à la défense des valeurs démocratiques".
El-Had Said Omar
Fraudes électorales
Un membre de la CNEC mis en examen
Ahmed Haliba, membre de la Commission nationale électorale (CNEC), qui se trouvait depuis samedi soir entre les mains de la Mission africaine de sécurisation des élections aux Comores (AMISEC), a été déféré lundi au Parquet de Moroni. Il serait l’un des auteurs présumés d’une affaire de trafic de cartes d’électeurs frauduleuses. Lorsqu’il a été arrêté, Ahmed Haliba était en possession de 393 cartes d’électeurs signées par le président de la CNEC, Abdérémane Hilali.
Ce dernier a été également entendu lundi par le juge chargé de l’instruction. Il rejette en bloc toutes les accusations portées contre lui. Abdérémane Hilali est un ancien procureur de la République.
Après sa présentation au Parquet, Ahmed Haliba a été mis en examen pour l’atteinte à la sincérité des élections, une infraction punie par le Code pénal comorien. Il a été remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire avec obligation de se présenter tous les jours au tribunal. Au cours de son interrogatoire, il aurait cité plusieurs personnes présumées complices, dont des membres de la CNEC.
El-Had Said Omar
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