La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Crise anjouanaise
16 janvier 2008

Ils étaient un millier de personnes rassemblées place de l’indépendance pour soutenir l’idée d’un débarquement militaire pour libérer Anjouan. Des hautes personnalités de la classe politique et de la société civile ont pris la parole pour dire que les négociations étant bloquées, il est temps d’user de tous les moyens y compris les armes.
Ceux qui connaissent les Comores, le calme et la sympathie de ses habitants, ne manqueront pas de s’étonner de la fièvre qui règne à Moroni et à Mutsamudu ces derniers jours. A 10 jours de l’expiration du second ultimatum fixé par l’Union Africaine à la junte au pouvoir à Anjouan, la tension est montée d’un cran.
Ayant compris que la Communauté Internationale ne prendra aucune mesure en dehors des pressions diplomatiques pour restaurer l’autorité de l’Etat sur l’île rebelle, le Président Sambi ne manque pas une semaine sans exprimer sa détermination à mettre fin à cette crise y compris par la force.
Depuis, dans les administrations, les places publiques, les médias et même dans les familles que ce soit à Ngazida ou à Anjouan le seul sujet de conversation est le débarquement militaire. Jamais un sujet aussi délicat que le choix des armes pour résoudre un problème politique, ne s’est autant banalisé.
Une opération de rétablissement de l’ordre et non une guerre
Toihir, un ancien ministre, estime que par ces cris de guerre, le Chef de l’Etat veut pousser l’opinion internationale à accélérer la recherche d’une solution rapide. Et au ministre d’ajouter : « c’est une fuite en avant, car s’il n’y a pas de solution, il devra effectivement intervenir militairement et là il ne peux pas compter sur le soutien de puissances étrangères. »
Pour d’autres, ce n’est qu’un épouvantail destiné à éprouver les nerfs de la junte, et en même temps rassurer ses partisans harcelés à Anjouan et contenir ses opposants à Moroni.
Les opposants à la guerre ont essayé de montrer les conséquences d’une entreprise par essence faite d’incertitudes, de souffrances humaines et de dégâts matériels pour un pays pauvre et faiblement peuplé. De plus, certains émettent des doutes quant à la volonté et à la performance d’une armée qui a toujours baissé les armes lors des coups d’Etat de Bob Denard.
Conscient de ce fait, le Chef d’état-major de l’armée disait à ses hommes qu’il y va de la crédibilité de l’institution militaire de défendre pour une fois l’intégrité territoriale et l’Unité Nationale. Il a poursuivi en ces termes : « l’échec de notre armée sera de ne pas intervenir à Anjouan car je le précise bien, s’agissant d’une intervention à l’intérieur de nos frontières, nous n’allons pas faire une guerre mais une opération de rétablissement de l’ordre ».
Le ton ainsi donné, la question du débarquement militaire est devenu public. Le rassemblement du 14 janvier dernier, place de l’indépendance était un soutien de la population à la résolution de la crise séparatiste par des moyens militaires. « Nous sommes réunis sur cette place parce que nous sommes convaincu que la Communauté Internationale va continuer à faire des réunions alors que notre pays se désagrège depuis 10 ans. Nous soutenons notre armée dans sa décision de mettre fin une fois pour toute à la prise en otage d’une partie de notre pays », s’est exclamé un des orateurs sous les applaudissements de plus d’un millier de personnes.
De notre correspondant,
A. Mohamed
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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