Le Karthala en phase éruptive

15 janvier 2007

Dans la nuit du samedi au dimanche 14 janvier, peu de gens ont fermé l’œil dans l’île de Ngazidja. L’éruption probable du volcan mais surtout les inhabituels tremblements de terre ont semé l’inquiétude. L’alerte rouge est déclenchée depuis samedi à 15h, et il est recommandé de suivre les instructions progressives de la Cellule de crise.

Les secousses sismiques sporadiques dans la journée du samedi se sont intensifiées dans la nuit. Aux environs de 00h00 locale, les séismes se succédaient avec un rythme et une intensité irréguliers. « Je ne sais pas s’il faut dormir à l’intérieur ou à l’extérieur de la maison », s’inquiétait une mère de famille en serrant de très près ses 2 enfants.
Il est vrai que chaque secousse donne froid dans le dos, et il a fallu passer toute la nuit avec cette terrifiante berceuse. Vers 5 heures du matin, les secousses étaient presque en continue avec une variation de l’intensité. En début de matinée, les habitants de Moroni essayaient de vaquer à leurs quotidiennes préoccupations, mais chaque secousse venait leur rappeler cette menace qui plane au-dessus de leur tête.
Le trémor éruptif se maintient à l’heure actuelle, mais son intensité est plus faible que celle enregistrée dans la nuit. Hier, une prise de vue de l’observatoire, faite à partir du système d’imagerie à distance, ne laisse pas voir l’existence d’un lac de lave sur le fond du cratère Chungu Chahalé.
Selon le volcanologue Hamid Soulé, les secousses sporadiques ressenties dans plusieurs zones résulteraient d’une forte reprise de l’activité interne du volcan.
A la mi journée, le centre national des opérations d’urgence, présidé par le colonel Issimaila Mognidaho, a confirmé « le maintien de l’alerte rouge et les mesures d’urgence propres à assurer la sécurité des populations de l’île ».

Et le Karthala entre dans la danse

S’il n’a pas été observé de scène de panique, ce n’est pas grâce aux quelques messages diffusés par la radio et la télévision nationale qui appelaient au calme, mais à l’absence de taxis urbains et interurbains. En effet, le syndicat des transporteurs comoriens a déclenché un mouvement de grève très suivi depuis mercredi dernier. Il s’agit pour eux de protester contre l’obligation qui leur est faite de payer la patente tant que le réseau routier ne sera pas réparé. Dans un humour dramatique, Anchoura, sage-femme, dit que « le Karthala aurait été bête de ne pas se mettre de la partie, puisque l’eau courante ne coule plus depuis 4 jours, l’électricité n’est plus visible dans plusieurs localités hormis la capitale depuis une semaine, et à cela s’ajoute à l’absence de transport en commun ».

A. Mohamed


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Témoignages - 82e année


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