Comores

Le « quoi ça ! » « quoi ça ! » de la honte

Témoignages.re / 16 août 2007

L’archipel des Comores est encore endeuillé par le naufrage d’un kwasa kwasa au large de Mayotte, devenu à ses dépends, l’eldorado pour des Comoriens en quête de meilleures conditions existentielles. A quand la fin de cette situation ?

La communauté comorienne réagit, et la Ligue des Droits de l’Homme s’indigne. La première pleure des frères et sœurs. Le dernier appelle au dialogue politique, entre La France et Les Comores. Canda Swamy Pillay, président de la LDH à La Réunion, trouve « insoutenable que La France soit associée à ce genre de drame humain ». Le bilan est lourd, peut-être le plus meurtrier. Faut-il rappeler que le kwasa kwasa naufragé tentait de fuir les gardes côtes ? Non, pourquoi le faire ? 17 morts, 19 disparus, et seulement 4 rescapés. Voilà ce qui nous préoccupe vraiment, surtout lorsque l’ONU et l’Union Africaine se lèvent contre les agissements français dans ses relations avec Les Comores. « Le 12 novembre 1975, l’archipel des Comores, composé de quatre îles (Ngazidja, Anjouan, Moheli, et Mayotte), était admis à l’ONU comme un État nouvellement indépendant. Mais la France viole les règles internationales et maintient son drapeau et ses fonctionnaires à Mayotte, en s’appuyant sur une “volonté des Mahorais” construite par des menaces et des frustrations (transfert de la capitale administrative, économique et politique des Comores de Mayotte vers Ngazidja, à Moroni, dans les années 1960, déplacements forcés d’indépendantistes supposés de Mayotte vers ses îles sœurs, lors et autour du référendum d’autodétermination...). Condamnée fermement vingt fois par l’ONU, cette situation reste illégale », précise aussi l’association Survie, qui milite pour de meilleures relations franco-africaines. « L’archipel des Comores se trouve maintenant séparé en deux mondes aux antipodes l’un de l’autre. Les Comores continuent à revendiquer Mayotte, mais doivent rester pragmatiques si elles veulent continuer à bénéficier de l’aide financière de la France », constate un rédacteur de Malango Mayotte. On comprend dès lors le silence qui s’installe, même du côté comorien. Le président comorien s’est-il exprimé à la suite de cette catastrophe ? Non, en effet.

Accueillir les Comoriens

La France, par la voix du ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du co-développement, Brice Hortefeux insistait plutôt sur le fait que des passeurs profitent de la misère des Comoriens. La communauté comorienne à La Réunion précise qu’avant 1993, ils pouvaient librement circuler dans l’archipel, et disposaient même d’un visa de 90 jours. Aujourd’hui, les frontières « pourtant inexistantes » sont fermées. C’est au nom de cette injustice, que La France, voire la communauté internationale, doit réagir. Que faudrait-il faire ? réintégrer Mayotte dans l’ensemble de l’archipel des Comores ? Bien des Mahorais se refusent à une telle éventualité. On leur a tant fait miroiter des belles promesses de développement. Pourquoi ne pas, tout simplement, rouvrir les frontières ? Selon certains chiffres avancés par les autorités françaises à Mayotte, un tiers de la population mahoraise serait composé de clandestins comoriens. Alors quoi, on devrait s’attendre à une recrudescence de la chasse à l’homme ? 16.000 Comoriens étaient expulsés de Mayotte en 2006. cela donne froid dans le dos. Certains spécialistes de la géopolitique recommande à la France de revenir à de meilleures relations avec Les Comores indépendantes. Si les actes de coopération reprenaient, et que leurs traductions sur les terres comoriennes se faisaient réellement sentir, on pourrait peut-être réduire de manière significative cette fuite comorienne vers le soi disant “eldorado” mahorais !

Coopérons ...

Après un précédent article livré dans nos pages, un lecteur “mahorais” s’indignait de notre prise de position, en faveur d’une meilleure relation franco-comorienne. Pourquoi donc des frères et sœurs d’un archipel ne pourraient pas se comprendre dans cette affaire ? Il s’agirait là une adaptation réglementaire, visant à gérer l’entrée des comoriens sur le sol mahorais, leur octroyant un visa de 90 jours. Aujourd’hui, les comoriens sont comme interdits de séjour à Mayotte. Certains veulent se soigner, d’autres cherchent une existence meilleure. Intervenons donc aux Comores. Tenez : Les Comores vivent actuellement une crise sanitaire, comptent 889 victimes du choléra, et déplorent déjà 17 décès. Cela serait dû au faible appauvrissement en eau potable. Coopérons. Aidons les Comoriens à se développer, pour qu’ils croient en leur avenir, aujourd’hui incertain. Entreprenons des actes de coopération régionale. Citons d’ailleurs en exemple l’attitude de la collectivité régionale, qui implique sa jeunesse au service du développement des pays de la zone, de Madagascar en passant par les Comores indépendantes. La France attribue une aide financière aux Comores. Est-ce suffisant ? Pour l’heure, il serait plus que nécessaire que La France et Les Comores se réunissent pour trouver une solution durable à ce problème. La vie de nombreux comoriens est en jeu. Chaque année, 100 à 200 clandestins comoriens trouvent la mort lors de la traversée en kwasa kwasa. Les gardes côtes français interceptaient en 2006 une centaine d’embarcation. Les “clandestins” - mais le sont-ils vraiment, puisque l’ONU déclare Mayotte dans l’ensemble comorien - décident de reprendre le voyage vers une île lune. A quand l’archipel réuni ?

Babou B’Jalah



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  • Bonjour et Merci pour ce bel article.
    Je suis français d’origine comorienne et je ne comprend pas en affet pourquoi la France nous veut autant de mal, nous un si petit pays qui ne demande qu’à vivre en paix avec les notres. Les mahorais sont nos frères et soeurs, nous avons des familles dans les quatres îles et nous pratiquons les mêmes rites. Pourquoi vouloir nous séparer ? qu’a-t-on fait à la france pour hatiser sa haine à notre encontre jusqu’à nous traiter de clandestins dans notre pays ? A vrai dire je ne comprend pas tant les solutions sont nombreuses pour sortir de cette situation qui perdure depuis si longtemps.
    Merci car votre article me donne à croire qu’il y a des personnes qui se préocupent de notre sort.
    Cordialement

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    • Témoignages s’implique, comme certains médias. Il faudrait que ce dossier avance, je dirais même au plus haut niveau diplomatique. d’un autre côté, il faudrait que les bonnes volontés réunionnaises et autres agissent aux Comores, au plan sanitaire déjà, puisqu’une épidémie de choléra fait l’actualité sur les îles lunes. après avoir accompli plusieurs missions humanitaires, je sais que cela est possible, et non seulement par l’envoi ponctule de médecins occidentaux. pourquoi ne pas établir des cadres hospitaliers de qualité sur les trois îles indépendantes des Comores ? Après, on espère voir naître une coopération "sereine" entre La France et Les Comores, pour un développement durable des îles lunes. La Réunion veut jouer son rôle, mais nous espérons que La France s’engage tout autant. pour l’heure, la seule implication française équivaut à des reconduites à la frontière.
      cordialement.

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  • Voici un lien permettant de mieux comprendre les rapports existant entre Mayotte et les Comores :

    http://mayotte.rfo.fr/article223.html

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