Kansa la fain sar aboli La Rényon ?
5 zwin, sanmMézami pou sak la viv lontan dann nout péi La Rényon-dizon pou sak la konète la loi disnèf mars 1946 kan l’arivé, zot téi panss sirman la fain (…)
Diplomatie : Deux ministres français à Moroni
17 mai 2008

Depuis que l’ex-dictateur d’Anjouan est aux mains des autorités françaises, les relations France-Comores traversent une zone de forte turbulence. Le Gouvernement comorien ayant cédé à la pression française sur la reprise des expulsions des Comoriens de Mayotte, les parlementaires sont descendus dans la rue.
Ceux qui pensaient que le retour d’Anjouan dans la normalité constitutionnelle allait consacrer la stabilité politique des Comores n’ont pas eu le temps de savourer leur joie. Le lendemain même allait commencer, en effet, une autre crise plus sournoise parce que se jouant dans les arcanes diplomatiques et plus corsée car impliquant l’ancienne puissance coloniale.
Après les manifestations des Comoriens résidant à Mayotte pour réclamer le renvoi du Colonel Bacar devant les juges comoriens, un mouvement de haine indigne a été soulevé entre des personnes qui, malgré le statut controversé de l’île qui les abrite, constituent un seul peuple.
Aux Comores, bien que le soir même du départ de Bacar, le Président Sambi avait dit publiquement que Mohamed Bacar avait fait suffisamment de mal aux Comoriens et ne devait pas briser les relations franco-comoriennes, la pression populaire et l’euphorie de la victoire ont conduit à une surenchère nationaliste.
De son côté, la France, empêtrée dans ses propres contractions, a soutenu l’opération militaire comorienne tout en voulant soustraire à la justice l’ex-homme fort d’Anjouan, pour éviter certaines révélations. D’autre part, l’intransigeance du Président Sambi sur la question de Mayotte et la pression des élus locaux en faveur de la Départementalisation ont conduit au chantage de ces dernières semaines.
Les députés montent au front
Utilisant la fragilité économique de son ancienne colonie, les autorités françaises ont brandi l’épouvantail de la révision des accords diplomatiques et monétaires pour obliger le ministère des Relations extérieures à accepter de nouveau les reconduites des Comoriens vivant à Mayotte : « la pression devenait insoutenable et il y avait un risque fort que les négociations en cours avec le FMI ne puissent aboutir », lâche un haut fonctionnaire du ministère des Relations extérieures. Toujours selon la même source, ce qui est regrettable dans cette affaire, c’est que la partie française ne s’est pas engagée à grand-chose ; c’est une abdication, dit-il.
Suite à cette capitulation du gouvernement, c’est le Parlement fédéral qui monte au front. Réunis dans leur siège au Palais du peuple, les élus de l’Union ont déclaré dans un communiqué que la visite de deux membres du gouvernement français, en l’occurrence le Secrétaire d’Etat à l’Outre-mer et celui en charge de la Coopération, dans le contexte actuel, est une provocation. Pour se faire entendre de l’exécutif mais surtout de la population, des parlementaires ont pris la tête d’une marche de protestation dans les rues de la capitale. Sur la place de l’Indépendance où s’est achevée la manifestation, les députés et les dirigeants du "Comité maoré" ont fermement condamné les négociations tronquées qui se déroulent depuis quelques jours entre les gouvernements comorien et français. Les députés parlent d’un acte de haute trahison nationale et se préparent à voter dans les prochains jours une résolution suivie d’action contre le projet de faire de Mayotte un département français.
De notre correspondant,
A. Mohamed
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