Comores

Optimiser les projets en cours et programmer le 10ème FED

Comores/Union Européenne

Ali Mohammed / 2 février 2009

De hauts responsables de la Commission Européenne en charge des dossiers comoriens à Bruxelles et à Port-Louis ont séjourné à Moroni ces derniers jours. Il s’agissait pour eux de faire le suivi des projets du 9ème FED (Fonds Européen de Développement) en cours d’exécution et préparer la mise œuvre du 10ème FED.

Conduite par Mme Claudia Wiedey, Ambassadeur Chef de Délégation de la Commission Européenne pour Maurice, Seychelles et les Comores, la mission comprenait des cadres venant du siège de Bruxelles et de la délégation basée à Port-Louis. Selon Moudjmal Mohamed Issa de la Cellule d’Appui à l’Ordonnateur National du FED, durant près d’une semaine, les réunions de travail et les visites de terrain se succédaient, se croisaient et se superposaient parfois.
Cela se comprend aisément dans la mesure où il n’est pas fréquent pour les responsables institutionnels et les représentants de la Société civile de pouvoir aborder de vive voix des questions importantes touchant la coopération avec l’Union Européenne : « ce n’est pas du tout la même chose lorsqu’on lit un rapport sur un écran depuis l’Europe et palper les réalités du terrain en écoutant les acteurs et les bénéficiaires », s’exclame un des membres de la délégation. Il est vrai que c’est une émotion d’entendre une trentaine de femmes qui ont entre 40 et 55 ans se présenter et répondre à des questions dans une langue à laquelle elles n’avaient aucun contact il y a seulement trois mois. Ce résultat a été obtenu grâce à un financement de 40.000 euros de la Commission Européenne par l’intermédiaire du Programme de coopération décentralisée.
De même entendre des jeunes garçons et des jeunes filles présenter les activités du club qu’ils ont crée dans le but de promouvoir la rétention des filles à l’école dans les zones rurales est on ne peut plus saisissant.

Retards du programme d’appui à l’éducation

Toutefois, on peut dire que tout n’est pas rose dans la mise en œuvre de tous les projets. En effet, des membres du gouvernement et des opérateurs économiques ont interpellé la Commission européenne sur les retards du projet PASEC à un an de sa clôture. Le PASEC, Programme d’Appui au Secteur Education au Comores, est doté de 16 millions en vue d’améliorer la qualité de l’enseignement à tous les niveaux du primaire au supérieur en passant par la formation technique et professionnelle : « Nous mesurons l’apport du PASEC dans l’équipement et le fonctionnement de notre ministère, nous savons que les programmes d’enseignement ont été reformés, que le renforcement des capacités des enseignants et des chefs d’établissement est en cours, que les fournitures scolaires sont disponibles, mais nous ne seront satisfaits que si les nouvelles écoles sortent de terre », confie un des participants au 5ème comité de pilotage du PASEC qui s’est déroulé les 22 et 23 janvier derniers.
Pendant ce temps, à Pidjani, à l’extrême Sud de l’île de Ngazidja, la satisfaction était le sentiment partagé par des centaines de notables, de femmes et de jeunes en costume de fête pour le lancement des travaux de réhabilitation de certaines infrastructures routières.
Le notable qui a pris en premier lieu la parole a rappelé la souffrance de deux villages voisins privés de contacts depuis des années parce que le pont qui les reliait a disparu. Tout en remerciant le gouvernement de l’Union des Comores et l’Union Européenne, il a souligné que la réhabilitation du pont et du radier de Wandani ne doit pas faire oublier le fait que le reste de la route est complètement cassée.

27 millions d’euros pour les routes

L’intervenant suivant a fait le vœu de voir arriver l’électricité et l’eau courante dans cette région, l’une des plus pauvres du pays.
Avant de procéder à la pose de la première pierre en compagnie du président Sambi, Madame Claudia Wiedey a annoncé que ce marché de 2,4 millions d’euros consiste à remettre en état des ponts, des digues et des radiers sur les trois îles et constituent le prélude à un vaste projet de 27 millions d’euros consacré essentiellement aux infrastructures routières dans le cadre du 10ème Fonds Européen de Développement. Cette nouvelle programmation prendra également en compte pour près de 10 millions d’euros la formation technique et professionnelle ainsi que la Bonne Gouvernance avec un peu plus de 4 millions d’euros.

De notre correspondant
A. Mohamed