Comores

Plaidoyer pour le co-développement dans l’Archipel des Comores

Rapport annuel de l’Agence Française de Développement

Manuel Marchal / 28 août 2007

Actions pour la modernisation de l’agriculture et l’accès aux soins : l’AFD fait le pari du co-développement pour lutter contre le phénomène des kwassa-kwassa entre Anjouan et Mayotte.

L’actualité récente a souligné la persistance d’un drame qui se joue dans la région : celui des kwassa-kwassa. Attirés par la perspective d’un meilleur niveau de vie, des milliers de migrants convergent vers Mayotte. La situation politique les oblige à agir dans la clandestinité, avec tous les risques qu’implique la traversée d’un bras de mer de plusieurs dizaines de kilomètres sur une fragile embarcation.
Plutôt qu’intensifier la chasse aux migrants et renforcer l’isolement de l’île de Mayotte par le biais d’une frontière plus dangereuse à franchir, une autre voie plus réaliste consiste à réduire l’écart de développement entre l’île aux Parfums et les autres îles de l’Archipel des Comores.
C’est cette alternative que l’action de l’AFD veut faire fructifier en s’impliquant dans l’Archipel des Comores, et plus particulièrement à Anjouan.
L’AFD « intervient dans le renforcement de la sécurité alimentaire et le développement de l’agriculture (...). D’autres actions favorisent le développement d’activités génératrices de revenu avec la relance de la Banque de développement des Comores ».
Sur le plan de l’amélioration de l’accès aux soins, l’AFD a concouru en 2006 à hauteur de 10 millions d’euros « pour un projet d’appui au secteur de la santé aux Comores qui permettra de développer les liens de coopération existants entre le secteur hospitalier mahorais et réunionnais ».
Cette démarche a le mérite de tirer les enseignements d’une réalité : il ne sert à rien de monter des barrières toujours plus hautes entre les peuples. La démographie montre un jour ou l’autre que ce type de cloisonnement n’est qu’illusoire et que la solution pour le développement de la région passe par une coopération toujours plus approfondie entre La Réunion et les peuples voisins.

Manuel Marchal


Près de 10% de la population d’un pays expulsés en une année

En 2006, 13.253 personnes ont été expulsées de Mayotte, contre 24.000 en Métropole. Rapportées à la population de Mayotte, ces 13.253 personnes représentent près de 10% de la population de l’île lors du recensement de 2002. Selon l’INSEE, en effet, voici cinq ans, l’île aux Parfums était peuplée par 160.265 personnes.
Autre comparaison : le nombre de personnes expulsées l’an dernier est supérieur à la population de la capitale administrative de l’île, Dzaoudzi, selon le dernier recensement.
Prévues pour limiter l’accès à Mayotte, les différentes mesures de restrictions de la circulation entre l’île aux Parfums et les autres îles de l’archipel montrent toute l’étendue de leur échec. Onze ans après la mise en place du visa obligatoire, les autorités ont expulsé en une année près de 10% de la population de l’île !
Certains voudraient durcir encore cette politique pour faire de Mayotte une forteresse coupée de son environnement géographique, culturel et historique. C’est persister aveuglément dans une politique qui nie la réalité. Citant une source du milieu associatif, l’agence Associated Press indiquait que « beaucoup de ceux qui s’embarquent sur les "kwassa-kwassa" sont des gens qui se sont fait expulser alors que leur vie est à Mayotte. Alors ils rentrent chez eux ».
L’Histoire ne cesse de démontrer constamment l’impasse de telles politiques de repli derrière des barrières illusoires. Plusieurs facteurs, dont la démographie n’est pas le moins négligeable, se chargent de les faire tomber un jour ou l’autre.

M. M. 



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  • En ma qualité de comorien ,originaire d’Anjouan,je suis tres content d’apprendre l’arrivé de l’agence française de developpement aux profit des peuples comoriens en général et celles d’anjouan en particulier.Je ne suis plus sans savoir la maniere dont s’organise ces traversés ,sources des morts programmées.Actuellement,le pauvre comorien paie jusqu’à la hauteur de 150 euros pour sa mort.Quel drame ?Preuve tangible que le peule comorien prefere mourir que de vivre sans aucun espoir de quelque chose.Voila mon cri d’alarme(oh L’AFD venait vite au secours d’un peuple en catastrophe naturel et artificiel

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