Comores

Saandi Assoumani : « La population prise en otage »

Témoignages.re / 16 février 2008

Ministre depuis deux semaines, Saandi Assoumani, de l’île de Ngazidja, est bien conscient que les Comoriens vivent un moment décisif. Né à Nyoumalima il y 40 ans, il s’est fait connaître en tant que consultant national puis international en développement institutionnel. Pour avoir fait ces études à La Réunion et à Maurice, cet intellectuel est un fervent militant de la coopération régionale, principalement avec La Réunion où il dispose de solides relations.

Quelle est votre analyse de la situation et quel est le moral de la population ?
- L’archipel des Comores est encore une fois à un tournant de son histoire. Si le président Sambi arrive à obtenir le départ du colonel Bacar par la pression de la communauté internationale ou par l’intervention militaire, il nous aura fourni une occasion en or de nous interroger sur la viabilité de nos institutions sans la pression des séparatistes.
Je trouve un peu maladroit qu’il n’ait pas impliqué suffisamment la classe politique dans la gestion de cette crise, notamment dans cette phase décisive. Néanmoins, en tant que garant de l’intégrité territoriale et de l’Unité nationale, Sambi a toutes les prérogatives pour rétablir l’autorité de l’Etat par tous les moyens et créer les conditions pour que le pays puisse repartir sur de nouvelles bases.
Par rapport au moral de la population, elle est globalement favorable à l’usage de la force pour rétablir l’ordre à Anjouan. Je pense que le peuple dans sa majorité en a assez d’être pris en otage, une situation qui dure depuis dix ans déjà. Toutefois, il faut reconnaître en même temps que ce peuple exprime ses sentiments primaires et manque de discernement sur les risques inhérents d’une opération militaire sur les plans humain, matériel et financier.

Quel devrait être le rôle des pays de la région ?
- Les pays de la région doivent rester aux côtés des Comores comme ils l’on fait jusqu’ici. Cependant, il est regrettable que nos voisins immédiats considèrent la crise comorienne comme un litige entre Anjouan et les autres îles. En fait il s’agit d’une tentative de dissidence d’une partie du territoire contre l’Etat. Après 10 ans de désillusion, la situation a évolué ; aujourd’hui c’est une bande de personnes qui se rebelle contre l’autorité de l’Etat et pour ce faire, elle a pris en otage une partie de la population vivant dans l’île. Nous suggérons donc que ceux qui viennent nous aider prennent en compte cette primauté de l’Etat sur les entités qui le composent.

Comment assurer une paix durable à l’ensemble des Comores ?
- Dans la situation économique désastreuse des Comores, chacun pense que c’est l’autre qui est la cause de sa misère. Donc pour asseoir une paix durable, il faut engager le pays dans la voie de l’espoir. Je dis bien l’espoir, car le développement ne se fera pas du jour au lendemain. Par ailleurs, dans toute organisation, s’il y a des groupes de personnes lésées, c’est une source de déstabilisation permanente. Il faudra alors veiller à la rationalité et à l’équité pour qu’aucune catégorie sociale ne se sente mise à l’écart. Enfin, nous avons la chance de pouvoir nous intégrer dans un espace économique régional très dynamique et de pouvoir tirer parti de l’expérience et de l’expertise de nos îles sœurs pour décoller.

Propos recueillis par notre correspondant
Mohamed Aliloifa



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  • Si l’ambassadeur de France aux Comores, Christian Job dit : « L’agenda de la médiation internationale n’est pas calqué sur l’impatience des comoriens », l’objectif visé, c’est de laisser pourrir la situation pour déstabiliser un peu plus les Comores, car une stabilité aux Comores vaut instabilité à Mayotte. Cela est évident.

    C’est bien d’avoir de la patience mais il faut qu’au bout on obtienne quelque chose. Or c’est tout à fait le contraire : Combien de fois la France a violé les mesures prises contre les rebelles ? Avez-vous déjà entendu la France demander la libération de ses supposés opposants au régime dictatorial ?

    Pourquoi ce qui est valable au Tchad ne l’est pas aux Comores ?

    Pourquoi ce qui est valable pour Ingrid Betancourt ne l’est pas pour Ibrahim Ahmed ?

    On nous demande d’être patient, mais pendant ce temps au lieu de presser ces rebelles à accepter les résolutions de l’union africaine on leur donne l’occasion de ridiculiser tout le monde. Combien de fois ont-ils défié la communauté internationale ?

    Pour leur remercier du travail bien fait, on leur proposera un exil doré en France. Ainsi l’argent pillé au pays retournera au pays donateur.

    Dans un extrait d’un article de Kofi Asike, on lit :

    « Pour tout esprit lucide, le comportement des dirigeants occidentaux face à des crises en Afrique est une preuve de plus qu’ils ne traitent pas, malgré les discours, les Africains sur un pied d’égalité. Déjà lorsqu’une crise s’installe quelque part en Afrique, ils ont l’habitude d’attendre que la situation se dégrade totalement avant d’activer la diplomatie. Et lorsqu’ils pressentent du danger pour leurs ressortissants, ils envoient dans un souci de leurs rapatriements des avions, des hélicoptères ou des bateaux. Cette attitude corrobore à confirmer l’affirmation "laisser les nègres s’entretuer". Le génocide rwandais n’aurait pas eu lieu s’ils avaient réagi tôt avant même que les massacres interethniques ne commencèrent. Au Kosovo, ils étaient intervenus pour prévenir le chaos ethnique qui se dessinait. En Afrique, dès qu’un régime commet des massacres contre son peuple, c’est un silence de cathédrale qu’on observe sur le plan international »

    Voir en ligne : COMORES : ENCORE UN PEU DE PATIENCE

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  • je crois que Monsieur Saandi a tout à fait raison d’apprecier l’intervention millitaire à Anjouan mais, il ne degage pas ici les consequances de cette intervention. je trouve qu’il faut encore aller loin de nos pensées. cette situation acceptons nous, c’était déjé resolu depuis les accords de Fomboni en l’an 2002. les échanges ont été conforme à retablir completement la paix et la serinité malheureusement à la veille de l’élection de Monsieur sambi cette stabilité est redevenu au point de depart (1997).
    il nous faut nous interroger pourquoi et comment ?
    le chef de l’Etat sambi aurait reçu une note du gouvernement d’Iran comme quoi, l’iran va assister les comores à condition qu’il esclu les mecrants c’est à dire les occidentaux dans le pays. il faut savoir que la politique comorien, certes les comores est une pays arabe, est completement differente à nos freres arabe. les comoriens n’a jamais ouvert un debat de réligion. nous devons pas être imposé des regles de conduite pour être assisté. je comprends pas Monsieur le Ministre,vos raisonnements sont completement differentes de la politique de votre President abdoulawahabi. si le chef de l’etat n’a encore donné l’autorisation de debarquer à anjouan c’est parce que, il commence à comprendre qu’il est piègé dépuis un moment et qu’il en saisse. les comores ne doit pas rentrer en guerre, c’est pas de la nouvauté. saisissons notre énergie et de notre force pour dire non au debartquement oui aux dialogues. je ne veux pas dire que je soutiens Mohamed bacar loin de là, je suis partisant d’un comores sans guerre et sans sang. si la communauté internationale ne voit pas d’un oeil ce debarquement c’est parce qu’elle a trop investie plus de 300 millions de dollard qui a fait le fond fudiciaire depuis les accords de fomboni en 2006. elle se trouve trahie et elle va encore solliciter prochainement une fond d’apres guerre. il y a aussi la question de Mayotte que vous les hommes poplitique met devant comme blocuse de cette instabilité politique aux comores. que d’autres n’en hesitent de dire qu’apres anjouan une probable entrée par la force à Mayotte. c’est irresponsable, les comores a besoin de rester parmis les pays fort de l’ocean indien et qu’il a interet de composer avec la puissance de l’ocean indien et la communauté internationale . je vous exposerai rapidement d’autres analyses prochainement et comme vous le savez la communication dans notre pays est chere qu’il faut courrire contre la montre et à tres bientot.

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  • Il est plus que jamais urgent de solutionner cette crise de quelque manière que ce soit avant de voir s’affaiblir les moyens en cours qui risquent de subir le sort du dialogue qui n’a rien apporté jusqu’alors.

    Voir en ligne : Saandi Assoumani : « La population prise en otage »

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