Comores

Tant de crimes impunis

Comores : Décès de Bob Denard

Témoignages.re / 19 octobre 2007

Après l’annonce du décès de Bob Denard, ils sont nombreux les intellectuels qui regrettent que justice n’ait pas été rendue pour les blessures individuelles et collectives subies par tout un peuple : « A défaut de pouvoir arrêter et juger le célèbre mercenaire, on aurait pu juger ses commanditaires et ses complices comoriens ».

Le colonel Bob Denard s’est fait une place de choix dans l’histoire politique des Comores indépendantes, pour ne pas dire qu’il la façonnée à une certaine manière. En effet, il a débarqué pour la première fois dans ce pays en 1975 pour chasser du pouvoir le père de l’indépendance proclamé 1 mois plutôt. Il va revenir en 1978 pour réinstaller Ahmed Abdallah au pouvoir et gouverner avec lui jusqu’en 1989. Le Président Djohar sera sa dernière victime, et aussi le plus chanceux, car il ne sera pas assassiné comme ses 2 prédécesseurs, mais tout simplement déporté à Salazie, à l’Ile de La Réunion, en 1995.
Fondateur et commandant de la garde présidentielle du Président Abdallah, le célèbre mercenaire influencera les décisions politiques et les choix diplomatiques des Comores. C’est ainsi qu’il va mener une lutte acharnée pour décapiter le “Front Démocratique”, un parti politique d’obédience communiste. Il a ensuite imposé un rapprochement diplomatique et économique avec l’Afrique du Sud, mise au banc des nations au temps de l’Apartheid. Il convient de signaler qu’en plus des chefs d’Etat, des civils et des militaires comoriens comme Gaya et Houssein Adil ont été torturés et assassinés par son équipe d’une trentaine de mercenaires blancs qui régnaient en maîtres aux Comores.

Et les complices comoriens

Fouad, un économiste qui a été emprisonné et torturé en 1985 à Kandani, le quartier général de la garde prétorienne, estime que tout ne doit pas s’effacer avec le décès de Bob Denard : « Dans toutes ces atteintes à la dignité, à la liberté et à la vie des Comoriens, Bob Denard a toujours eu des commanditaires et des complices. Nous ne pouvons nous contenter des délibérations des tribunaux français à l’encontre de ses ressortissants, il est temps que la Justice comorienne se charge de situer les responsabilités de nos concitoyens dans ces événements aussi douloureuses que honteuses ».
Il est à rappeler que le prétendu « corsaire de la République » n’a jamais été jugé pour l’assassinat du Président Ali Soilihi le 29 mai 1978 et qu’il a été acquitté pour celui du Président Abdallah lors du jugement qui a eu lieu à Paris 10 ans après les faits. Condamné en juin 2007 pour son coup d’Etat de 1995 à une peine avec sursis, il est mort dans sa Gironde natale des suites d’une longue maladie comme le plus honnête des citoyens.
Il est avéré que les Comoriens n’avaient pas la possibilité de faire condamner ce criminel, toutefois, il est on ne peut plus scandaleux que des compatriotes se soient fourvoyés publiquement pour innocenter leur âme damnée lors des procès parisiens, s’indigne Ahmed Halidi, un ancien militant du “Front Démocratique”. Que dire alors des fils Abdallah qui ont accepté de retirer leur plainte à cause d’un chantage mais aussi d’une promesse de retour au pouvoir ?

A. Mohamed



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  • Il ne faut jamais attendre qu’on le fasse pour nous comme on ne l’a jamais espéré : punir ces coupables. On le sait, il y en a des preuves explicites ou implicites qui impliqueraient un bon nombres de personnalités surtout comoriennes à ces coups d’Etat aux Comores. En tout cas on en a à soupçonner et la justice commence avec.
    L’Etat français s’est défendu en protégeant l’homme qui a su déstabiliser le reste du monde pour ses intérêts politoco-stratégiques. A nous en tant que Comoriens de montrer à quel point on pourrait le faire pour notre dignité à nous de poursuivre ces gens pour la fierté de notre nation. Tel reste l’unique, en tout cas le moyen évident, je pense qui pusse nous faire oublier un jour ces blessures dont on a longtemps été victime. Cette disparition de Bob Denard ne nous est pas une bonne nouvelle. Un assassin du genre ne mériterait plus une mort digne.

    Mais sachions, je le répète encore que cet ancien mercenaire a assuré son rôle de soldat français dans le postecolonialisme. L’Exagone ne pourrait faire que le défendre et lui d’ailleurs ne l’a jamais nié : il avouait dans ses propos qu’il a toujours réagi au service de la France.

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    • J`ai appris deja la mort des gens que je connais, ou que je ne connais pas ; et croyez-moi j`ai toujours pense qu`ils n`ont pas eu la chance d`accomplir beaucoup plus de choses qu`ils auraient pu souhaiter parce qu`il etait TEMPS "the Tempo" comme on le dit ; et que moi j`ai encore le temps en etant vivante de poursuivre mes reves ; mais aujourd`hui avec tous ces bla blas concernant un mercenaire qu`on n`a pu remettre dans la justice, SANS RIEN FAIRE, je me dis serieusement "vaut-mieux lui qui est mourt sans conscience de causes de plusieurs crimes dans notre peuple, que nous qui sommes la assis comme des Imbeciles a accuser je ne sais qui dont la justice devrait pourchaser.

      P.S : I always speak my mind, by the way. Take it or leave it !

      Housnat, en Egypte actuellement.

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