Note sommaire de réflexion en marge du Colloque Vieillesse et vieillissement
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ANJOUAN
11 juin 2008

A moins d’une semaine de l’élection présidentielle anjouanaise, qui aura lieu dimanche prochain, 15 juin, le procureur de la République d’Anjouan a ordonné la libération de trois proches de l’ex-chef de l’exécutif anjouanais Mohamed Bacar, toujours assigné à résidence à la base militaire de La Réunion.
Selon l’agence de presse anjouanaise APA, la décision du Procureur Ahmed Maandhui de faire libérer lundi trois proches du président déchu, au motif qu’il n’existe contre eux « aucun chef d’accusation sérieux », soulève à Ndzouani (Anjouan) « une vive polémique ».
Les trois personnalités libérées sont Caambi El-Yachroutu Mohamed, ancien vice-président de l’Union des Comores et ancien secrétaire général de la COI devenu le conseiller privé de Mohamed Bacar jusqu’à sa chute en mars dernier ; Ahmed Abdallah Sourette, ancien président de la Cour constitutionnelle rallié au régime séparatiste anjouanais et Said Omar Mirahane, directeur de la société d’électricité d’Anjouan (EDA) et frère du conseiller privé du président Sambi, Oubadi Mirahane.
« Que je sache, on ne fait pas le procès du séparatisme. Autrement, certains proches du président Sambi se trouveraient, eux aussi, derrière les barreaux », a déclaré à APA le magistrat Maandhui, qui est aussi conseiller juridique au cabinet de la présidence intérimaire d’Anjouan, confiée en mars dernier à Lailizamrane Abdou Cheik.
Dénonçant les pressions du gouvernement de l’Union sur la justice et les résistances de l’autorité militaire d’Anjouan à ses demandes de libérer d’autres prisonniers, le magistrat a déclaré à APA qu’il « n’avait pas accepté ce poste pour être une marionnette du pouvoir ou un guignol ».
Parmi les voix qui s’élèvent, aux Comores, dans la polémique déclenchée par cette mesure, celle du président de la Fondation comorienne des droits de l’homme (FCDH) a déploré comme « profondément injuste » qu’on ait libéré « les gros poissons du séparatisme pendant que les plus petits croupissent toujours en prison ». Selon l’agence APA, quelque 600 personnes, proches du “dictateur” déchu Mohamed Bacar, seraient encore incarcérées à Koky, la prison anjouanaise.
Ces libérations surviennent en pleine campagne électorale pour les élections présidentielles anjouanaises du 15 juin prochain, pour lesquelles cinq candidats sont en lice.
Le 21 mai dernier, en effet, la Cour constitutionnelle avait validé les candidatures de Bacari Abdou, député d’Anjouan ; Bastoine Soulaimana, magistrat ; Mohamed Djaanfari, ancien vice-président de l’Assemblée de l’Union et retraité de l’armée française ; Moussa Toybou, ingénieur du BTP et ancien ministre de Djohar - soutenu par le président de l’Union des Comores - et Soundi Abdou Latufou Soilihi, entrepreneur.
La campagne et les élections se déroulent sous le contrôle de la mission de sécurisation des élections (MAES) de l’Union africaine, composée de soldats tanzaniens et soudanais.
P. David (avec Ocomores)
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