Comores

Un Nouvel An sur des bonnes perspectives

Comores : Finances publiques

Ali Mohammed / 5 janvier 2009

Après avoir comptabilisé près de 6 mois d’arriéré de salaire en 2008, les fonctionnaires comoriens ont perçu 2 mois le 31 décembre et recevront 2 autres mois dans une quinzaine de jours. C’est le fruit de l’accord du FMI sur un programme de surveillance macroéconomique.

Les difficultés de l’Etat comorien à honorer régulièrement ses charges salariales sont récurrentes avec des périodes de pics et de stabilités. Depuis son arrivée au pouvoir en mai 2006, Sambi a régulièrement payé ses agents jusqu’en fin 2007, après, c’est au compte-goutte que les salaires étaient versés. Pour Mohamed Ali Soilihi, Ministre des Finances et du Budget, l’effort de guerre en vue de la libération d’Anjouan, d’une part, et la mobilisation d’importantes ressources pour régler des arriérés du service de la dette extérieure, d’autre part, ont bouleversé l’équilibre budgétaire. Mais pour lui, « ce n’était pas une mauvaise chose en soi du fait que nous commençons à bénéficier du retour sur investissement ».
Il vrai que le départ du Colonel Bacar a permis de normaliser les institutions et le paiement de la dette a ouvert la voie à des arrangements avec la Banque Africaine de Développement et à des négociations avec les institutions financières de Breton Wood.
C’est à la suite de la dernière mission du FMI fin novembre qu’un processus ambitieux a été lancé, impliquant la partie comorienne à un vaste chantier de réformes économiques en commençant par la réduction du train de vie de l’Etat, plus particulièrement l’allégement des superstructures politiques. En attendant le référendum prévu en avril prochain pour toiletter la constitution afin de la délester des lourdeurs et des charges liées aux quatre gouvernements et aux quatre assemblées, le Président Sambi a décidé de diminuer le nombre de ministres de son gouvernement suivis par les présidents des îles d’Anjouan et de Mohéli.
Le gouvernement de Ngazidja, dans un communiqué, dit que « tout en s’inscrivant dans l’esprit de compresser les dépenses, il rejette l’idée de diminuer le nombre de ses membres et préconise plus de rigueur dans la gestion des ressources du gouvernement central ».

Obtenir l’allégement ou la suppression de la dette extérieure

Toujours est-il que la lettre d’intention des autorités comoriennes a convaincu les administrateurs du Fonds Monétaire Internationale lors de son Conseil d’administration du 15 décembre dernier à Washington. Concrètement, le FMI a approuvé la signature d’un programme formel avec les Comores assorti d’une aide budgétaire de près de 6 millions de dollars dans le cadre du mécanisme dit « Post-conflit ». C’est ce fonds qui a financé le paiement des 2 mois de salaires versés le 31 décembre et, selon le ministre des Finances, 2 autres mois seront versés dans quinze jours.
Un programme de surveillance de 6 mois est par ailleurs mis en place par le FMI afin de s’assurer que le pays respecte ses engagements avant de le déclarer éligible à l’initiative PPTE qui consiste à alléger ou à supprimer la dette extérieure des petits pays.
« Ce qui fait notre satisfaction, ce n’est pas d’avoir trouvé de l’argent pour résorber les arriérés de 2008, mais c’est de savoir que notre plan de redressement économique et financier vient d’être accepté. Il reste à chacun de nous d’œuvrer à sa durabilité, ce qui exige la cohésion de toutes les institutions politiques », a dit en substance l’argentier du gouvernement central.

De notre correspondant
A. Mohamed