Comores

Une mobilisation réussie

Colloque International sur le volcan Karthala

Témoignages.re / 21 novembre 2008

Un millier de personnes ont assisté mercredi dernier à la cérémonie d’ouverture de la plus grande manifestation scientifique jamais organisée en terre comorienne. 300 personnalités du monde politique, scientifique et économique ont pris part à ces travaux.

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(photo A. Mohamed)

Les Comoriens, et plus particulièrement ceux qui vivent autour du volcan, adulent et redoutent en même temps ce voisin énigmatique. Pour eux, c’est un monde de mystère peuplé de Djinns, de légendes et de contes fantastiques. Un colloque a eu pour objet justement de faire sortir le Karthala de cet imaginaire fantasmé et lui donner sa place dans l’univers matériel. C’est ce qu’a dit en substance l’Anthropologue Damir Ben Ali, Président du colloque : « C’est la première fois que les Comoriens font appel à la science pour résoudre un problème qui se pose ».
Et ce choix a été vivement salué par le Président Sambi dans son discours inaugural. Pour lui, le fait d’exposer ce volcan sous tous ses angles en tenant compte de l’aspect scientifique, de la dimension sociale et de l’optique économique s’est imposé à un moment ou un autre et le contexte actuel s’y prête plus que jamais : « Face à un contexte mondial dominé par une crise énergétique inquiétante, le colloque nous offre l’occasion de prospecter et de développer de nouvelles énergies. Le développement de la géothermie comme énergie propre, à l’instar des pays voisins comme le Kenya et le Djibouti, placera les Comores au rang des pays qui maîtrisent l’énergie ».

Le Karthala regorge de ressources

Dans un des exposés, le Docteur Kamaliddine Affraitane, botaniste et Ministre de l’Education nationale, a montré que le Karthala regorge de ressources naturelles et souterraines importantes, qu’il va falloir exploiter. Le colloque a favorisé une orientation claire visant effectivement la valorisation globale du volcan, et permettra surtout au monde entier de mieux connaître le volcanisme comorien et d’approfondir les connaissances sur le volcan.
Le Thème 1 intitulé "Les recherches scientifiques sur le Karthala : état des lieux et perspectives" : la contribution la plus limpide est venue du Professeur Patrick Bachelery de l’Université de La Réunion. Ses travaux de recherche sur le Karthala remontent à une vingtaine d’années et constituent une base de première main pour ses collègues. De même, de jeunes Comoriens, comme Nassor Hamidou, chercheur à l’Observatoire du Piton de la Fournaise, et Hamid Soulé, responsable de l’Observatoire du Karthala et chercheur à l’Université des Comores, ont fait des exposés d’une très grande richesse scientifique qui seront exploités par leur homologues venus des Philippines, de Goma et d’ailleurs.

Tourisme vert autour du volcan

Le Thème 2 intitulé, "Prévention et gestion des risques liés aux éruptions volcaniques", présidé par le Général Salimou Amiri, chef d’Etat Majors de l’armée comorienne, a vu la participation de nombreux experts des Nations Unies et de diverses institutions américaines et européennes, à l’instar de Jean-Christophe Gaillard de l’Université Joseph Fourrier de Grenoble (France). Ce dernier a traité la vulnérabilité des populations insulaires face aux risques naturels (éruptions volcaniques et autres aléas).
Le Thème 3 intitulé "Valorisation du potentiel économique du Karthala" : les intervenants ont été très nombreux. La forte participation des associations comoriennes témoigne de l’intérêt de tirer parti de ce « monstre ». En effet, la richesse de l’exposition qui a lieu en ce moment sur le parvis du Palais du Peuple montre que les communautés ont compris très vite la nécessité de créer des activités génératrices de revenus. Ces jeunes très créatifs ont lancé un vibrant appel aux autorités nationales et aux partenaires au développement en vue de bénéficier d’un accompagnement.
L’idée la plus originale est la création d’un circuit de randonnée autour du volcan avec des gîtes pour développer un tourisme vert afin de faire connaître et préserver cette richesse naturelle.

De notre Correspondant
A. Mohamed