Comores

Une organisation de femmes a prié pour les victimes du Sam Son

Hommage aux victimes de Gafilo

Témoignages.re / 1er avril 2004

Près de 600 femmes ont répondu dimanche aux Comores à l’appel du Réseau national femmes et développement (RNFD), une ONG féminine comorienne, pour une prière à la mémoire des disparus du ferry Sam Som, pris dans les tourbillons du cyclone Gafilo et qui a fait naufrage début mars au large des côtes ouest malgaches.
C’est la deuxième manifestation de femmes après la visite effectuée la semaine dernière par une délégation des dirigeantes de RNFD dans les différents villages pour présenter leurs condoléances aux parents des victimes. La manifestation de dimanche a consisté en la lecture du saint coran comme il est de tradition aux Comores pour demander la miséricorde divine en faveur des disparus. "Même si nous n’avons que nos larmes pour pleurer nos morts", a fait observer Mme Zahara Toyb, l’une des responsables du RNFD au niveau de l’île de la Grande-Comore, "il nous faudrait néanmoins savoir pourquoi et ce qui s’est passé exactement".
Insistant sur la volonté de Réseau femmes et développement de connaître la vérité sur ce énième drame maritime, Mme Toyb a laissé entendre à l’assistance que son association travaille en étroite collaboration avec le collectif des familles des victimes et le comité de soutien qui appuie techniquement ce dernier, pour faire éclater la vérité.
Vers la fin de la première semaine du mois de mars, tout espoir de retrouver le bateau ou des survivants se révélant vain, les familles des disparus se sont, pour la première fois aux Comores, à la suite d’un tel drame, constituées en association appuyée par un comité de soutien afin d’exiger que la lumière soit faite sur les circonstances exactes de la disparition du navire. Les premiers résultats de l’action du collectif ont permis de savoir qu’il n’y avait pas à bord du Sam Son que les 120 passagers déclarés. On raconte que de nombreux autres passagers s’y trouvaient "clandestinement", et le collectif en a recensé déjà une demi dizaine.
Le bateau "n’était pas assuré" non plus, a révélé de son côté le quotidien “La Gazette des Comores” dans son édition du 19 mars sans qu’aucun démenti ne lui soit opposé. Dans la même édition, le journal s’est demandé "sur quelle base a-t-on fourni le certificat de sécurité et le permis de navigabilité", cherchant à savoir surtout "qui effectuait les visites techniques" du Sam Son. À la brigade de recherche de la gendarmerie à qui est confiée l’enquête, personne ne veut infirmer, ni confirmer les révélations de “La Gazette”.


Reprise des relations aériennes entre Madagascar et les Comores

Après plus d’un an de suspension sur décision des autorités malgaches, Air Madagascar, a repris ses vols sur les Comores dès le début de cette semaine, a constaté la PANA sur place à Moroni.
Deux vols hebdomadaires (lundi et mercredi) relieront désormais la Grande Ile à l’archipel des Comores au départ et à l’arrivée de Majunga sur la côte Ouest de Madagascar. Dans l’immédiat, indique-t-on à l’agence de la compagnie à Moroni, les deux vols seront assurés par un ATR 42, en attendant de voir l’évolution du trafic dans les semaines et les mois à venir. "Le rétablissement des liaisons aériennes entre nos deux pays", a indiqué à la PANA le consul de Madagascar à Moroni, "est tout simplement la mise en application d’une décision prise depuis longtemps".
La suspension des liaisons aériennes entre les deux pays, rappelle-t-on, a été décidée, suite à la crise malgache intervenue en 2002.