Note sommaire de réflexion en marge du Colloque Vieillesse et vieillissement
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Comores : Baccalauréat millésime 2006
4 septembre 2006

La délibération du Bac a suscité des réactions de la part du jury qui critique l’attitude des autorités d’Anjouan et des élèves déçus par le faible taux de réussite. Seulement 5% des 4.904 candidats sont admis à l’issue des épreuves écrites du premier groupe en Grande Comores, alors que près de 13% sont autorisés à passer la session de rattrapage.
L’impatience et l’angoisse des candidats étaient largement partagées par leurs parents. Pour éviter le déplacement dans les centres d’examen, l’office des examens a annoncé que la délibération serait retransmise en direct par les principales radios de la place.
Comme si les gens n’étaient pas suffisamment sous tension, un délestage de la société nationale qui distribue l’électricité a privé de courant une bonne partie de l’île à l’exception de la capitale. Cependant, une coupure de quelques minutes est quant même intervenue au milieu de la proclamation des résultats, entraînant la colère des familles.
Au final, beaucoup d’appelés et peu d’élus. Le centre de Ngazidja (Grande-Comores) a en effet enregistré des résultats bien en deçà des attentes. Et pourtant, Mahamoud Souleymane, enseignant dans un lycée, est convaincu que cette catastrophe était prévisible : "Les grèves à répétition qui paralysent l’enseignement public plusieurs semaines par an ont lourdement pesé dans la détérioration du niveau général des élèves ; en plus, la réforme intervenue au milieu de l’année et qui a supprimé les épreuves orales du premier groupe constitue la solution la plus simpliste pour revaloriser le Bac comorien".
En fait, si certains enseignants reconnaissent qu’il y avait souvent des complaisances dans l’examen oral, ils estiment que la réforme du Bac relève d’une improvisation des autorités. Pour eux, il aurait fallu la programmer pour l’année prochaine et créer les conditions notamment salariales pour un enseignement de qualité.
Échec du Bac unifié à Anjouan
L’autre sujet de préoccupation des enseignants, c’est l’échec du Bac commun dans l’ensemble du territoire de l’Union des Comores. Pour la première fois depuis 7 ans, il a été convenu entre les Ministères de l’Éducation de l’Union et des îles autonomes d’organiser un examen unique avec échange de jury. Le principe a été accepté par tous, et le calendrier a été modifié à Anjouan pour permettre aux élèves de Ngazidja de rattraper les cours perdus durant 2 mois de grève.
Selon l’accord signé entre les autorités nationales et insulaires, chaque île devait proposer une liste d’enseignants, et l’État procéderait à la nomination et à l’affectation des membres et des présidents de jury de chaque centre d’examen.
Une fois de plus, le Président de l’île autonome d’Anjouan a manqué à ses engagements, foulé au pied l’autorité de l’État en organisant lui-même et à sa façon un examen caractérisé par des fuites de sujets et la tricherie.
C’est alors que Abdourahim Saïd Bacar, Ministre de l’Éducation au niveau national, s’est rendu à Anjouan et a proposé la reprise des épreuves les plus controversées notamment les mathématiques, l’Histoire géographie et les Sciences naturelles, en même temps qu’un échange de jury pour la suite.
Pour sa part, Kamaliddine Afraitane, nommé Président de jury à Anjouan et renvoyé par le maître des lieux, pense que l’État a manqué de fermeté. Selon cet Anjouanais d’origine exerçant comme Doyen de la Faculté des Sciences et Technique à l’Université des Comores, "le Baccalauréat est une évaluation de connaissance sur la base d’un programme d’enseignement et ne doit pas être un objet ne négociation politique". Il regrette toutefois le fait que ce soient les jeunes qui vont payer, car le Bac d’Anjouan ne sera reconnu ni à l’Université des Comores, ni ailleurs.
En effet, le jury du centre de Moroni, dans un communiqué publié à l’issue des délibérations, demande au Ministre de l’Éducation de ne pas valider le Bac d’Anjouan, en raison du refus de l’autorité insulaire de la supervision de l’État, et au vu des nombreuses irrégularités constatées.
M. Aliloifa
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