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4 juin, parNos peines
Santé
Des baisses de 65 à 35%
23 avril 2003

Un arrêté publié en plein week-end de Pâques est inquiétant : il prévoit des baisses de remboursement pour plus de 600 médicaments.
La mesure était attendue ; mais certainement pas au beau milieu du week-end pascal, ni sans un minimum de débat. Car le gouvernement a bel et bien profité de Pâques pour "faire passer la pilule". Samedi, a été inscrit au "Journal Officiel" un arrêté du ministère de la Santé prévoyant une forte baisse du remboursement pour plus de 600 médicaments. Les "cibles" visées par ce nouveau texte sont des médicaments à « service médical rendu » (SMR) modéré. Parmi eux, des noms bien connus comme le Voltarène (anti-inflammatoire), le Zyrtec (anti-allergique), le Vogalène (anti-nauséeux) ou encore le Zovirax (contre l’herpès). Et les baisses de remboursement vont de 65% à 35%.
Coup de colère du président de la Mutualité française, Jean-Pierre Davant, qui a protesté lundi dans un communiqué contre cette décision. « Pour tenter de boucher le trou de l’assurance maladie, on impose des charges supplémentaires aux mutuelles, ce qui aura pour conséquence d’accroître les cotisations des adhérents mutualistes », déplore-t-il.
Mais l’arrêté publié samedi n’est sûrement pas le dernier : 835 médicaments, soit environ 18% des quelque 4.500 médicaments remboursés par l’assurance maladie, ont un SMR insuffisant, selon le bilan établi en avril 2001 par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS).
La Mutualité française estime que le principe de l’efficacité modérée des médicaments est une "zone grise" : « soit les médicaments ne servent à rien, et il faut les dé-rembourser, soient ils sont utiles et il faut les rembourser à taux plein ». Pour Jean-Pierre Davant, « les Français sont une fois de plus les grands perdants de ces mesures qui ménagent par contre les intérêts des laboratoires pharmaceutiques ».
« Alors que l’on vient d’apprendre que les dépenses de médecine de ville ont augmenté de plus de 8 % en un an, il est temps de proposer aux Français d’aménager structurellement notre système de santé plutôt que de multiplier les mesures parcellaires et il convient de privilégier l’intérêt général plutôt que les intérêts corporatistes », conclut Jean-Pierre Davant.
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