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Une pétition circulant sur Internet dénonce la baisse des crédits alloués à la recherche. Elle a déjà recueilli plusieurs milliers de signatures.
12 janvier 2004

La colère grondait depuis longtemps parmi les scientifiques ; la mobilisation lancée la semaine dernière via Internet a d’emblée pris une proportion importante. Des chercheurs en colère contre le "démantèlement" de la recherche publique en France ont lancé une pétition qui a d’ores et déjà recueilli plus de 4.000 signatures, dont celles de près de 200 directeurs d’unités de recherche ou responsables d’équipes, selon le site Internet des pétitionnaires. Parmi les signataires les plus prestigieux, on trouve ainsi Axel Kahn, directeur de l’Institut Cochin, Alain Fischer, directeur d’une unité INSERM-Institut Necker, ou encore Jacques Samarut, directeur de Rhône-Alpes Génopole. « En France, nous assistons à un abandon de la recherche fondamentale par l’État. Cette politique entraînera irrémédiablement à sa suite un effondrement de toute recherche appliquée », dénoncent les signataires. « Nous en avons déjà des exemples avec la fermeture de centres de recherche privée (Aventis, Pfizer), qui préfèrent exercer cette activité, là où le lien entre recherche fondamentale et appliquée est soutenu : aux USA », ajoutent-ils.
Selon les signataires de cette pétition, « en dépit du discours officiel affirmant que la recherche est une priorité nationale, le gouvernement français est bel et bien en train de fermer le secteur de la recherche publique, sans même se rendre compte qu’il n’y a rien pour la remplacer ». Les chercheurs dénoncent notamment « les baisses de crédits ajoutées aux annulations de crédits et au non paiement des crédits votés par le Parlement », qui mettent plusieurs organismes « au bord de la faillite ». Ils s’insurgent enfin contre « la réduction brutale du nombre de recrutements de jeunes chercheurs ».
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