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L’INSEE révise à la hausse le taux de chômage au mois de février
21 avril 2004

L’INSEE a révisé à la hausse le taux de chômage en France à 9,8% de la population active en février au lieu des 9,6% estimés dans les statistiques publiées le mois dernier. Pour la première fois depuis 1993, la France a perdu des emplois l’an dernier : 67.000. Cette perte a surtout été le fait du secteur public où plus de 100.000 emplois ont disparu en un an.
Dans sa dernière enquête sur l’emploi, qui lui permet de rectifier une fois par an les estimations provisoires établies mois après mois sur le taux de chômage à partir du nombre de chômeurs au sens du BIT et de la population active, l’institut fait état d’un taux de chômage en France de 9,9% à la fin 2003 (au lieu de 9,7% initialement annoncé). Le nombre de chômeurs atteignait alors 2,71 millions. Il s’est légèrement réduit à 2,68 millions à la fin février 2004.
L’enquête annuelle de l’INSEE montre principalement une dégradation de l’emploi chez les femmes de moins de 25 ans, dont le taux de chômage est revu à la hausse de 1,3 point. A fin février, 22,7% d’entre elles recherchaient un emploi, soit la proportion la plus élevée depuis décembre 1999 (23,0%). En comparaison, le taux de chômage des hommes de moins
de 25 ans, revu à la baisse de 1,0 point, était de 20,2% à la fin février.
Pour la première fois depuis 1993, la France a perdu des emplois l’an dernier, avec une durée effective de travail maintenue en moyenne à 38,8 heures par semaine. Mais cette perte de 67.000 postes a surtout été le fait du secteur public où plus de 100.000 emplois ont disparu en un an. Dans le privé, l’emploi s’est redressé de 11.000 postes et a même augmenté de 84.000 pour les contrats à durée indéterminée.
Entre le 4ème trimestre 2002 et le 4ème trimestre 2003, le chômage en France a augmenté de 9% (soit de 230.000 personnes), à 2,78 millions. Celui de longue durée touchait 1,14 million de personnes à la fin 2003, dont plus de la moitié étaient à la recherche d’un travail depuis plus de deux ans.
Les catégories aujourd’hui les plus atteintes sont les jeunes en général, les femmes de tous âges, les ouvriers (trois fois plus touchés que les cadres, dont le taux de chômage ne dépasse pas 4%) et les non diplômés chez qui ce taux atteint 15,3% contre 6,4% pour les bac+2.
L’enquête montre en outre chez les jeunes issus de l’enseignement supérieur une plus grande facilité à trouver un emploi pour ceux des filières professionnelles que pour ceux des filières générales.
En 2003, la construction et le tertiaire sont les secteurs qui ont le plus recruté : près d’une personne sur huit y travaillent depuis moins d’un an. A l’inverse, le renouvellement a été faible dans l’automobile et les embauches parcimonieuses dans les activités financières où 6% à 7% seulement des effectifs ont moins d’un an d’ancienneté.
L’INSEE souligne enfin que l’activité professionnelle des femmes continue à se développer en France. Entre 30 et 54 ans, elles restent parmi les plus actives en Europe. Pour autant, 63,4% seulement des femmes en âge de travailler.
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