France

François Fillon veut « muscler l’économie française »...

Méthode Coué...

Témoignages.re / 23 août 2008

Un recul du PIB durant deux trimestres consécutifs, cela s’appelle une récession. Et c’est ce qui guette l’économie française, qui a appris jeudi dernier que son PIB avait reculé de 0,3% au deuxième trimestre 2007.

Après avoir raccourci les vacances de six de ses ministres directement concernés, François Fillon a expliqué que le gouvernement « aborde cette période sans surprise », et avec « sang-froid » : « Ce n’est que le reflet français de la tendance générale de l’économie mondiale dans cette période ».

Un plan de relance publique n’aurait « aucun sens » pour Fillon... « Ah bon ? », dit la majorité des économistes.

Le Premier ministre a annoncé que son principal objectif était de « muscler son économie ». La France n’a pas d’autre choix pour revenir à un niveau de compétition élevé. Il a naturellement repoussé l’idée d’un plan de relance publique jugé artificiel : « Il n’aurait aucun sens, aucune utilité. La seule réponse est une réforme de structure ». Dont on attend les effets, au mieux, dans 12 à 15 mois. Et en attendant... On sombre ?

Le contre-exemple espagnol

Aux antipodes, donc, de l’initiative espagnole de José-Luis Zapatero, le Premier ministre socialiste, qui a interrompu comme Fillon ses vacances la semaine dernière. Mais l’Espagnol a, lui, décidé d’injecter 20 milliards d’euros dans l’économie nationale, au travers d’aides au financement pour les PME, la construction de logements sociaux, la facilitation de projets de grands travaux.
Il est vrai que le gouvernement a préféré, dès le début de son mandat, faire un cadeau aux plus riches avec le paquet fiscal. Mauvais calcul, car ce cadeau qu’on leur a fait est allé directement dans l’épargne et les rentes. Alors que pour soutenir l’économie, il aurait fallu augmenter les salaires, le SMIC, les allocations, etc... pour les plus démunis qui, pour eux, représentent une aide non négligeable à leur vie quotidienne, et par là même, ce sont eux qui relancent l’économie par leur consommation.

Une marge de manœuvre restreinte

Un tel plan de relance n’est « ni possible, ni souhaitable », a précisé François Fillon, qui sait sa marge de manœuvre restreinte par la situation du budget de l’Etat structurellement déficitaire. Pour faire face à cette conjoncture morose, les pouvoirs publics français n’ont pas les ressources de l’Espagne ou de l’Allemagne, pays beaucoup plus vertueux.

« Nous devons garder le cap de redressement de nos finances publiques. L’Etat doit être plus attentif aux dépenses et avoir à terme une situation plus favorable à l’activité, en permettant d’avoir moins de prélèvements obligatoires ». Problème de taille, la faiblesse actuelle de l’activité diminue les rentrées fiscales et accentuera encore le déficit budgétaire français.

Optimisme de façade

François Fillon a gardé un optimisme de façade. « 2008 sera une année de croissance positive, je ne crois pas qu’il soit raisonnable de parler de récession ». Mais dans le même temps, il a annoncé que la prévision de croissance pour cette année (entre 1,7% et 2%) serait « ajustée » lors de la présentation du budget 2009 à l’automne.

Beaucoup de discours, la traditionnelle structure pour dépasser la conjoncture, et quelques mesures minimes, au final. Le Premier ministre a demandé à la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, d’« accélérer l’adoption des décrets d’application de la loi de modernisation de l’économie ». Et notamment les mesures pour réduire les délais de paiement et « simplifier la vie des PME » en favorisant leur accès au crédit.

L’annonce de mesures déjà lancées

Il a tenté de rassurer les foyers les plus modestes, dont le pouvoir d’achat s’est beaucoup effrité ces derniers mois, avec la poursuite de quatre axes : le projet de loi sur l’intéressement et la participation, et celui instituant le Revenu de Solidarité Active (RSA), qui seront examinés par le Parlement en septembre (privé quand même de ligne budgétaire !), la prime à la cuve qui sera « remaniée », et enfin la mise en œuvre de la « contribution transport », une aide financière aux déplacements domicile-travail des salariés.

Rien de nouveau, sous les nuages noirs de l’économie française.