France

L’économie française risque la récession

Quelles seront les conséquences pour La Réunion ?

21 août 2003

Le spectre de la récession s’installe en France. Le produit intérieur brut (PIB) de la France, qui mesure la création de richesses, a reculé de 0,3% au deuxième trimestre 2003 selon les chiffres publiés par l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE). Il n’avait augmenté que de 0,2% au premier trimestre. Or, un pays est considéré en récession lorsqu’il accuse deux trimestres consécutifs de baisse de son PIB.
Le gouvernement a toutefois immédiatement fait savoir qu’il considérait que ce recul avait un « caractère exceptionnel » en raison des conséquences de la guerre en Irak, de la mauvaise conjoncture internationale et ne représentait pas une « tendance ». Au sein de la zone euro, l’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas sont déjà entrés en récession cette année. La France avait déjà enregistré une légère baisse de son PIB au dernier trimestre de 2002 (-0,1%), avant de se reprendre.
Parmi les responsables de cette baisse de "création de richesses", la consommation des Français. Pourtant, depuis son arrivée au pouvoir l’an dernier, le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin a tablé en grande partie sur la baisse des impôts pour relancer la consommation des ménages et ainsi doper la croissance.
Autre explication : la baisse persistante des exportations. La France a moins importé mais également beaucoup moins exporté au second trimestre. Dans le même temps, les importations d’énergie augmentaient.
Pour assombrir ce tableau, une enquête de l’IFOP pour la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) fait état du pessimisme des Français. Pour quatre personnes interrogées sur cinq, nombre de sans-emploi dans les mois à venir va augmenter. Selon l’enquête, les Français ne se montrent pas plus confiants sur le long terme puisqu’un tiers d’entre eux seulement (8% de moins qu’en 2002) jugent probable une réduction à 5% du taux de chômage d’ici 2010. Autre signe de leur inquiétude, « le sentiment d’être menacé par le chômage s’accroît de nouveau pour approcher 30% », indique la DARES.
Interrogés sur les principaux freins à l’embauche, les sondés citent en premier la faiblesse de l’activité économique (37%), avant le niveau des cotisations sur les salaires (34%). Il y a dix ans, dans la même enquête, l’ordre des facteurs était inversé.
Par ailleurs, six Français sur dix considèrent que les minima sociaux apportent « une aide trop faible pour faire face aux difficultés que le chômage entraîne ».

13.632 décès supplémentaires en France en août par rapport au même mois l’an dernier
Selon deux entreprises de pompes funèbres
En ce mois d’août marqué en France par la vague de canicule, 13.632 décès supplémentaires, dont 3.425 en région parisienne, ont été enregistrés en France par rapport à août 2002, selon une extrapolation diffusée mercredi par les Pompes funèbres générales et Roblot, deux marques du groupe OGF.
Le groupe a réalisé cette extrapolation à partir de l’activité des deux enseignes lors des trois premières semaines d’août et d’une projection pour la dernière semaine, selon un communiqué du groupe. Les PFG et Roblot rappellent que dès le 4 août, « face au nombre très important de décès supplémentaires révélé chaque jour davantage par ses agences en France », elles ont mobilisé « toutes les ressources dont elles disposent ».
En région parisienne, des « chambres funéraires mobiles » ont été ouvertes ainsi que des chambres mortuaires provisoires à Paris et à Versailles. L’ouverture de deux maisons funéraires a été anticipée et des chambres funéraires mobiles ouvertes à Metz et Nice.

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