Nouveau sauvetage d’une banque

L’État va aider le Crédit Immobilier

3 septembre 2012, par Céline Tabou

Après avoir soutenu les principales banques du pays, BNP Paribas, Société Générale et le Crédit Agricole, le gouvernement a décidé samedi 1er septembre de venir au secours du Crédit Immobilier de France (CIF), banque spécialisée dans le crédit immobilier aux particuliers.

L’État s’est porté garant de la banque sur le marché, après que cette dernière a été coupée de ses financements. En cas de faillite, le CIF aurait pu porter un grave coup au système bancaire français, comme cela avait été présagé lors des difficultés de la banque franco-belge, Dexia.

Le CIF en grande difficulté

En difficulté financière depuis des années, le CIF ne gère pas de dépôts et se finance sur les marchés, alors que ceux-ci rencontrent des obstacles depuis la chute de Lehman Brothers en 2008. Face à cette situation, Le CIF tenait à s’adosser à une banque pour éviter la faillite. Mais après l’abaissement de trois crans de sa note par l’agence de notation Moody’s, le CIF s’est vu couper de ses financements sur le marché.
Le modèle du CIF est pointé du doigt, d’autant plus que la crise économique et financière internationale pèse encore sur les établissements bancaires du monde, notamment européens. Les banques espagnoles, islandaises ou encore françaises et allemandes ont payé le prix des fluctuations du marché et des agences de notations.
En effet, l’agence Moody’s a abaissé de trois crans la note de la Caisse centrale du CIF, passant de "A1" à "Baa1" pour ce qui est de la dette long terme, tout en affirmant que l’État français allait venir à son secours, pour renflouer les caisses et ainsi laisser le CIF sur le marché. Cependant, ce système devient de plus en plus dangereux. Selon certains économistes, le renflouement des banques pèse sur les budgets des États et les déficits publics.

Des garanties publiques

Actuellement, le CIF possède 300 agences, dispose de 2,4 milliards de fonds propres et gère 33 milliards d’euros de crédits. Afin de « permettre au groupe CIF de respecter l’ensemble de ses engagements », notamment des échéances de 1,75 milliard d’euros en octobre, l’État a décidé « de répondre favorablement à sa demande de lui octroyer une garantie. Cette garantie sera mise en place sous réserve de l’autorisation de la Commission européenne et du Parlement, qui sera saisi dans le cadre de la prochaine loi de finances », a indiqué le communiqué de Bercy.
L’État devrait accorder sa garantie à hauteur de 4,7 milliards d’euros en échange d’une gestion en extinction, c’est-à-dire que le CIF n’octroiera pas de nouveaux prêts, ont indiqué des sources au quotidien “Le Monde”. C’est le premier sauvetage dans le secteur bancaire français depuis l’affaire de la banque franco-belge Dexia.
Les autorités ont dénoncé un « modèle très spécifique » qui « fragilisé par la crise, est remis en cause par les nouvelles normes prudentielles Bâle III », il s’agit des accords destinés à renforcer le système financier. Pour l’heure, la décision de l’État devra passer par le Parlement et la Commission européenne qui devront autoriser ou non, cette garantie.

 Céline Tabou  

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