Jeux Olympiques 2008 - le parcours de la flamme olympique à Paris

La flamme contestée

9 avril 2008

La flamme olympique a traversé Paris sous bonne escorte. Pourtant, des manifestants ont tenté de l’éteindre. Du moins, des agitations ont contraint le parcours de la flamme, souvent enfermée dans un bus, au point que Marie-Josée Perec parlait de tension entre sportifs chinois et français. La cinquième étape du voyage de la flamme olympique, dans la capitale française, promettait d’être mouvementée. Elle l’a été.

Reporters sans frontières avaient promis des actions. Le conseiller de l’Ambassadeur de Chine en France, Hu Changchun, annonçait sur radio France-Info une grande fête pour les peuples, français et chinois. Ce fut une fête de la protestation contre la répression chinoise au Tibet, la flamme ayant été plusieurs fois éteinte « pour des raisons techniques ». Pour reprendre ses mots, « la flamme olympique transmet le message de paix, de l’amitié et de l’harmonie ». Alors ! que la Chine respecte les droits de l’Homme, et qu’elle fasse preuve de beaucoup plus de sérieux diplomatique, en reconsidérant la question du Tibet, et renouant le dialogue avec le chef charismatique du Tibet, et de la cause des Tibétains, le Dalaï Lama ! C’est le message de Reporters sans frontières, tandis que des pro-Tibétains rappellent la situation désastreuse et délétère qui règne au Tibet, selon eux. Bref, lundi, on aura assisté, non pas au sacre de l’olympisme, juste à un simulacre de plébiscite français. Les opposants, français, et tibétains, ne s’en prennent pas aux sportifs qui, après tout, sont des messagers de la paix mondiale, à leur façon, se prononçant « pour un monde meilleur ». Les Jeux Olympiques ne sont-ils pas nés de la volonté de paix à travers le monde ? Mais rappelons-nous, les JO n’empêchèrent pas les deux Guerres mondiales du 20ème siècle et de nombreux événements malheureux, dont des actes terroristes en 1972 à Munich et à Atlanta en 1996. On dit que les Jeux Olympiques auraient quelque peu contribué à la fin de la Guerre froide, notamment lorsque l’URSS arrêta de participer aux Spartakiades pour intégrer les Jeux Olympiques de 1952, à Helsinki. Est-ce que cela a apaisé pour autant les relations entre l’Est et l’Ouest ? Et on ne compte plus le nombre de boycotts pour faire valoir telle ou telle cause.

6 interpellations

Pour les JO 2008, Reporters sans frontières reprend la flamme revendicative, interpellant l’opinion publique internationale sur les répressions chinoises, le bafouement des Droits de l’Homme et la situation au Tibet. Disons même que l’association Reporters sans frontières a su transmettre le relais. Lundi, la presse française informait de l’arrestation d’élus écologistes, dont Mireille Ferri, la Vice-présidente du Conseil régional d’Ile-de-France, « alors qu’elle se dirigeait vers le Champ de Mars avec un extincteur », informait l’AFP, tandis qu’un de ses confrères, Sylvain Garel, élu du 18ème arrondissement de Paris, avait scandé à proximité de la flamme olympique, au premier étage de la Tour Eiffel : « Liberté pour le Tibet, troupes chinoises hors du Tibet. Liberté pour les Chinois. Boycott des Jeux Olympiques ».
La première fut interpellée juste avant midi, le deuxième ceinturé par deux policiers et écarté du chemin emprunté par Stéphane Diagana, Président de la Ligue nationale d’athlétisme, premier relayeur français de la flamme controversée. Il regrettera les agitations. Marie-Josée Perec se félicitera du mouvement de protestation, qu’elle qualifie de normale, même si elle veut que la flamme traverse Paris sans encombre. C’est ce qui pourrait passer pour de la fébrilité. Les sportifs ne veulent pas d’un boycott des Jeux, même s’ils veulent réagir.

Guerres des drapeaux

Les Chinois n’avaient cependant pas dit leur dernier mot. Ayant prévu les actions à l’encontre de ce symbole olympique qu’est la flamme, on ne sait trop comment, mais des Chinois aux couleurs du sponsor officiel des Jeux Olympiques de Begin 2008 brandissaient des drapeaux aux couleurs de la Chine, se félicitant de cet événement en Chine, et faisant presque de l’ombre à Reporters sans frontières. Au point que la presse écrite française parle de guerres des drapeaux. Reporters sans frontières a déployé un drapeau symbolisant les anneaux olympiques avec des menottes, sur la Tour Eiffel. Certains ont préféré jouer les troubles fêtes en ralentissant le parcours. Quatre individus seront vite interpellés, mais cela aura tout de même provoqué l’interruption temporaire du parcours. Eteinte de nombreuses fois pour des « raisons techniques », les nombreux mouvements de protestation ont sérieusement contraint la progression de la flamme olympique. Une heure après sa descente de la Tour Eiffel, la flamme n’avait pas fait 2 kilomètres. Il faut tout de même rappeler l’extraordinaire déploiement des forces de l’ordre, à savoir 3.000 policiers chargés de protéger la torche olympique. Au moins, cela aura eu le mérite de faire valoir la position de nombreux Français, qui jugent que la situation en Chine et au Tibet est insoutenable.

Bbj

Pékin 2008

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