France

Le constat terrible d’un gâchis

Crise et pouvoir d’achat : pas de plan de relance en perspective ?

Témoignages.re / 5 septembre 2008

Les économistes l’avaient prévu, le gouvernement a tardé avant de le reconnaître. La ministre de l’Economie Christine Lagarde a déclaré ce lundi que les prévisions de croissance pour 2008 et 2009 en France seraient "probablement" révisées à la baisse, sur France Culture dans une émission diffusée ce lundi. François Fillon a de son côté souhaité ce lundi matin sur Europe1 que la croissance de l’économie française en 2008 soit d’« un peu plus de 1% ». « Nous sommes frappés par une décélération de l’économie mondiale qui est très, très sérieuse », a justifié le premier ministre.

« Un point de croissance en moins, c’est un demi-point de déficit en plus »

Jusqu’à présent, le gouvernement avait prévu une croissance comprise entre 1,7 et 2% en 2008. Le budget 2008 avait été calculé sur une hypothèse de croissance de 2,25%. Mais avec 1% de croissance, l’Etat devrait engranger moins de recettes fiscales. Quelle marge de manœuvre dispose-t-il alors pour soutenir le pouvoir d’achat ? « Un point de croissance en moins, c’est un demi-point de déficit en plus », expliqué à 20minutes.fr, Mathieu Plane, économiste à l’OFCE, spécialiste des finances publiques.

Cependant, avec les objectifs de Bruxelles, l’Etat est coincé : la France ne peut pas se permettre de creuser ses déficits. « Avec ces prévisions, nous devrions dépasser les 3%. Vis à vis de nos partenaires européens, un plan de relance serait difficile à justifier. Nous sommes le seul pays à ne pas tenir nos engagements ».

« Toutes les marges de manœuvre ont été entamées par le paquet fiscal »

En réalité, le paquet fiscal mis en place en 2007, constituait déjà en quelque sorte un plan de relance. A l’époque, la croissance n’était pas mauvaise. En le mettant en place, le gouvernement a épuisé ses dernières cartes. « Toutes les marges de manœuvre ont été entamées par le paquet fiscal », confirme Mathieu Plane. Et de poursuivre : « Aujourd’hui, on ne peut plus se permettre de faire de la relance budgétaire pour soutenir les classes moyennes et les ménages les plus modestes ».

Source : 20 minutes.fr