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26 février 2015, par

Dans son programme, le candidat François Hollande assuré qu’il combattrait en permanence le racisme et l’antisémitisme. Trois ans plus tard, son ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, en accord avec le président lui-même, a présenté, ce 25 février, un plan pour l’Islam en France.
Ce plan pour l’Islam en France soulève de nombreuses questions, d’autant plus que depuis plusieurs années, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer les stigmatisations faites contre les musulmans de France. Ainsi, « le discours agressif contre l’islam qui s’exprime depuis la fin de la guerre froide s’inscrit dans une histoire moderne », d’autant plus que « la présence musulmane (est, ndlr) perçue à la fois comme une menace sécuritaire et identitaire », expliquait déjà Béligh Nabli, Maître de conférences à Sciences Po Paris, en 2012.
La ligne engagée par le gouvernement suit les propos tenus par Manuel Valls, le 15 février, sur RTL. Ce dernier a appelé à « combattre l’islamo-fascisme, puisque c’est ainsi qu’il faut le nommer ». Le Premier ministre reprend à son compte les mots employés par les mouvements identitaires d’extrême-droite, ces derniers assurant que les Français de confession musulmane sont un problème pour la République.
Abdallah Zekri, président de l’Observatoire national contre l’islamophobie, a déploré, dans le quotidien algérien, El Watan, « l’utilisation par certains responsables politiques et médiatiques de raccourcis tels que ‘islamo-fascisme ou islamo-nazisme’ pour décrire les actes de violence commis abusivement au nom de l’Islam ».
Même position pour le Conseil Français du Culte Musulman dont l’inquiétude grandie car « de tels éléments de langage » poussent à « l’amalgame entre islam et terrorisme alors que ces actes de violence sont contraires aux valeurs intrinsèques et intemporelles véhiculées par la religion musulmane ». Avec un Plan spécifique sur l’Islam, l’inquiétude pourrait encore s’agrandir du côté des musulmans, d’autant que la confusion pourrait perdurer, si les politiques eux-mêmes font ces amalgames.
François Hollande, président de la République, et donc de tous les Français, a parlé de « Français de souche, comme on dit » en évoquant les auteurs de la profanation du cimetière juif de Sarre-Union. Cette expression employée lors de son intervention au dîner du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France rappelle à nouveaux les mots employés uniquement par l’extrême droite.
Des déclarations qui pèsent par leurs mots, raison pour lesquelles, Abdallah Zekri a dénoncé « la stigmatisation permanente des Français de confession musulmane », qui « ne peut qu’alimenter la haine et la violence et donner du grain à moudre aux tenants du radicalisme ». Face à ce radicalisme, le gouvernement a décidé de mettre en place une « réforme de l’Islam de France », ont précisé certains médias français.
Ainsi, Bernard Cazeneuve a présenté au cours du Conseil des ministres, ses quatre points essentiels pour lutter contre l’Islam radical. Parmi elles, la création d’une « instance de dialogue » plus large que le Conseil français du culte musulman (CFCM), créé en 2003 sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, afin de mieux représenter la diversité des musulmans de France.
Une nouvelle instance de dialogue (n°1) mise en place « d’ici l’été », a précisé Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement. Celle-ci devrait marquer la « volonté de travailler à engager une large consultation avec les acteurs de l’islam ». Plusieurs questions seront posées comme : la formation civile des imams, l’abattage rituel ou la sécurité des lieux de culte, « dans le respect rigoureux des principes de la laïcité », a précisé le ministre de l’Intérieur.
Une meilleure formation des imams (n°2) en raison de « la maîtrise insuffisante de la langue et des lois » françaises chez certains d’entre eux. Le but est de réformer et de « favoriser l’émergence d’une génération d’imams pleinement insérés dans la République ». Les aumôniers pénitentiaires musulmans « ne seront recrutés désormais que s’ils ont obtenu ce diplôme de formation aux principes fondamentaux de la République », a ajouté le ministre.
Rapprocher l’éducation nationale et les écoles musulmanes (n°3), via une Fondation de l’Islam de France, le développement de bourses à destination des doctorants et un accent mis sur les établissements scolaires confessionnels, incités à se placer sous contrat avec l’Education nationale.
Enfin, mieux protéger les mosquées (n°4), par le déblocage de financements pour mettre en place des systèmes de protection fixes, comme des caméras de surveillance, car il est important « que la République protège tous ses enfants, et notamment les mosquées de tous les actes antimusulmans », a assuré Bernard, Cazeneuve, ajoutant : « tout ça dans le respect de la laïcité et de la loi de 1905 ».
Cette réforme était attendue et préparée avant les attentats, avec ses risques de stigmatisation, mais le contexte a accéléré les travaux, reconnaît une source proche du dossier à l’Agence France Presse. Face aux polémiques dues aux déclarations de Manuel Valls et François Hollande, l’entourage du ministre de l’Intérieur a assuré à l’agence Reuters, qu’il n’y avait pas de « reprise en main, l’Etat est seulement à l’initiative » de cette réforme de l’Islam en France.
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