Emploi

Le S.M.A. bientôt applicable en France ?

Deux sénateurs préconisent la solution

30 septembre 2003

Deux sénateurs, Michel Pelchat et Jean-Pierre Masseret viennent de rendre public un rapport concernant ’l’expérimentation en métropole du soutien militaire à l’insertion des jeunes’. Les sénateurs se disent impressionnés par ce qui se fait outre-mer avec le SMA et proposent son extension en métropole, avec prise en compte des... spécificités françaises.

En introduisant leur rapport par cette phrase : « Le SMA : une réponse adaptée aux difficultés d’insertion des jeunes outre-mer », les sénateurs donnent le ton. Ils rappellent que le SMA a été créé aux Antilles-Guyane en 1961 par Michel Debré, sur la base de cinq préoccupations : « Éduquer, former, insérer, intervenir et développer » et qu’il relève du ministère de l’Outre-mer depuis 1968.
Les deux sénateurs notent que ce système est « une formule d’intégration réussie », d’autant plus que « Des filières de formation [sont] définies en fonction des besoins des économies locales », qu’ils servent de « chantiers d’application pour accélérer le développement des DOM-TOM », ou « peuvent également s’effectuer dans le cadre d’une coopération régionale ».
Cette « réussite en matière d’insertion professionnelle peut-elle donc être une solution applicable en métropole ? Que peut apporter l’armée pour résoudre les difficultés d’insertion des jeunes en métropole ? », s’interrogent les deux sénateurs.
Au vu du contexte économique difficile et surtout du caractère massif du chômage depuis plusieurs années, l’insertion professionnelle des jeunes et même leur intégration dans la vie d’adulte est devenue plus problématique.

Quelle place ?

« Les jeunes qui échouent à s’intégrer sont souvent victimes d’un processus cumulatif allant de l’échec scolaire à la délinquance », précisent-ils en rapportant quelques chiffres : 15 à 20% des élèves ne maîtrisent pas en 6ème les savoir fondamentaux. 4 à 6% d’une classe d’âge souffriraient de troubles graves du langage écrit et oral, les conduisant à l’échec et à l’illettrisme. « Dans l’incapacité de maîtriser les notions les plus élémentaires, ces jeunes sont dans l’impossibilité de réussir un examen ou une formation ». Cela concernerait 60.000 jeunes qui, ainsi, sortent chaque année du système scolaire sans qualification, subissant alors un taux de chômage trois fois supérieur à la moyenne nationale. Des jeunes qui « sont aussi les plus touchés par la précarité de l’emploi et les retournements conjoncturels du marché du travail et ne trouvent pas leur place dans la société ».

Dispositifs "insuffisants"

Et les deux sénateurs jugent « insuffisants » les dispositifs « existants ou projetés ». Comme le programme TRACE (Trajet d’accès à l’emploi) qui a été institué par la loi d’orientation du 29 juillet 1998 « afin de traduire dans la réalité le droit à l’emploi ». Depuis sa création, ce programme a touché 160.000 jeunes sans diplôme. « L’une de ses limites principales était sans doute le caractère peu contraignant du parcours et la difficulté d’inciter fortement des jeunes à reprendre le chemin difficile de l’insertion professionnelle », analysent les sénateurs.
Critiques aussi vis à vis du « programme "adultes relais" », mis en place en avril 2000 dans le cadre de la politique de la Ville, qui « ne constitue pas une opportunité à proprement parler pour les jeunes ». Mais, selon eux, « la philosophie du dispositif et les moyens dégagés ne peuvent permettre d’aboutir à un encadrement de contact, suivi et continu avec une relative capacité de contrainte. Ces adultes relais ne peuvent accomplir que des missions de médiation et d’animation ».
Les deux sénateurs dénoncent aussi le "Contrat d’Insertion dans la Vie Sociale" (CIVIS) qui devrait entrer en application à partir de l’automne 2003, « afin de prendre le relais des "emplois jeunes" qui arrivent à échéance. Il s’agit toutefois d’un dispositif relevant d’une philosophie différente et qui cherche à palier les principaux défauts du système précédent ».


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus