Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Procès Juppé
26 octobre 2004

Lors de son procès en appel, Alain Juppé n’a pas hésité à mettre publiquement en cause l’ancien directeur de cabinet de Jacques Chirac à la mairie de Paris, Michel Roussin. Ce dernier accuse Alain Juppé de ’se défausser sur des tiers [qui] ne sont plus présents pour lui répondre contradictoirement’
Le procès est sûrement suivi avec intérêt par le chef de l’État. Le jugement en appel des emplois fictifs du RPR, plus couramment appelé “procès Juppé”, s’est poursuivi hier.
Après la condamnation de son fils spirituel ("le meilleur d’entre nous") en première instance à dix ans d’exclusion de la vie politique, Jacques Chirac avait exprimé publiquement son émotion. Il attendait, à n’en pas douter, de la cour d’appel de Versailles qu’elle rende à Alain Juppé son honneur, son avenir et, surtout, un casier judiciaire immaculé. Un maître du barreau avait été appelé en renfort. Il avait conseillé à son client d’adopter un profil bas.
En première instance, Juppé et les deux trésoriers du RPR, l’ancien ministre Robert Gallay et l’ancien secrétaire d’État Jacques Boyon, avaient tous les trois rejeté les responsabilités des délits sur celle qu’on appelait la "banquière du RPR" et que l’on dénomme à présent "l’intendante" de ce parti Louise-Yvonne Casetta. La Bretonne faisait une lampiste impeccable - même trop.
À la cour d’appel de Versailles, Alain Juppé a choisi, cette fois-ci, de se défausser sur deux autres personnes : son ancien directeur de cabinet Yves Cabana et surtout l’ancien ministre et ancien directeur de cabinet de Jacques Chirac à la mairie de Paris, Michel Roussin.
Ceci, alors que ce dernier avait été mis hors de cause dans l’affaire actuellement jugée. Michel Roussin n’a pas tardé à réagir publiquement et énergiquement face à ce procédé, pour le moins inélégant.
Dans une lettre à la cour, M. Roussin accuse : "Je constate que la nouveauté de son système de défense consiste en réalité à se défausser sur des tiers qui - exonérés de toute responsabilité pénale dans cette affaire - ne sont plus présents pour lui répondre contradictoirement".
M. Roussin poursuit : "Je déplore que M. Juppé ait choisi, bien tardivement, de compromettre entre autres l’ancien directeur de cabinet du maire de Paris".
Alain Juppé a pris le risque de laver le linge sale du parti chiraquien non pas en famille mais en public. Et tout le monde doit craindre d’être éclaboussé, y compris le président de la République dont Roussin était le collaborateur n° 1 à l’Hôtel de Ville.
Mais en 1993, l’homme de confiance de Chirac était passé dans le camp de Balladur qui l’avait nommé ministre. Aujourd’hui, il annonce d’un ton menaçant qu’il n’est pas prêt à payer pour tout le monde, sûrement pas pour Juppé ni peut-être même pour Chirac.
Ce procès, et ceux qui suivront l’an prochain, impliquant le RPR et la mairie de Paris, s’annoncent comme autant de machines infernales qui risquent de faire des dégâts dans les rangs de la majorité.
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