Les initiatives des Préfets pour les expulsions

Sous la pression du ministère, plusieurs hauts fonctionnaires font du zèle.

16 août 2007

S’il y a une catégorie de fonctionnaires qui ne chôment pas en cette période estivale, ce sont bien les préfets. Malgré les démentis du Ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, Brice Hortefeux, les hauts fonctionnaires de l’État sont bel et bien sur la brèche pour mettre en place tous les moyens nécessaires pour intensifier les expulsions de sans-papiers. Samedi, “Libération” dévoilait une circulaire adressée à un Préfet de la région parisienne précisant les nouvelles modalités « d’exécution des mesures d’éloignement » des sans-papiers. Ce texte demande à la hiérarchie policière de « traiter prioritairement » ces dossiers. Ce document recommande donc à la police d’effectuer des vérifications au domicile des sans-papiers et de « solliciter le Procureur de la République afin d’obtenir la coercition » en cas de « non-déférement » des personnes convoquées. Le dispositif mis en place prévoit également « de faire inscrire l’étranger au FPR », le Fichier des Personnes Recherchées dévolu aux délinquants.

Brigitte Wieser, responsable de Réseau Éducation Sans Frontières, s’indigne : « Le fond de cette lettre est terrible parce qu’on y voit noir sur blanc une mécanique finir de se mettre en place. Cela ressemble à l’organisation d’une rafle. » “Rafle”, un terme qui, dans le Jura, est à proscrire du langage, selon le Préfet Christian Rouyer. Ce haut fonctionnaire vient, en effet, d’annoncer qu’il allait porter plainte contre Patrick Viverge, conseiller général PS du département, qui a osé utiliser le terme pour s’indigner de l’expulsion musclée d’une famille bosniaque installée à Dole. La chasse à la sémantique est donc ouverte dans ce département.

Dans un courrier adressé aux maires du département, le Préfet de l’Oise pousse même le zèle jusqu’à menacer de sanctions pénales tous les élus qui s’aventureraient à accorder leur parrainage républicain à des familles de sans-papiers : « Les parquets compétents seront aussitôt saisis de telles pratiques. » La haute fonction publique prend donc le chemin de l’intimidation, de la menace et des poursuites.


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Témoignages - 82e année


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