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France
Avec les technologies de l’Internet
13 août 2003

L’évolution de la réglementation du téléphone en France aura bientôt un effet inattendu. Dès la fin de ce mois, il sera possible d’utiliser son téléphone fixe gratuitement... ou presque.
C’est l’une des premières conséquences spectaculaires du dégroupage, qui permet aux concurrents de France Télécom d’installer leurs propres équipements d’accès à l’Internet rapide (baptisés DSLAM) sur les lignes téléphoniques. La voix n’est plus transportée de façon classique mais par l’intermédiaire d’une technologie, moins coûteuse, nommée « voix sur IP » par les experts. Le protocole Internet (IP) est utilisé pour acheminer la voix de chez l’abonné jusqu’aux équipements de l’opérateur rival.
Ce nouveau mode de communication vient d’être retenu par le petit opérateur alternatif et fournisseur d’accès à Internet Free, filiale du groupe Iliad. Il lancera son offre le 25 août au plus tard. Un second opérateur privé, LDCom (groupe Louis-Dreyfus), s’apprête également à proposer prochainement son service de téléphonie sur Internet. Et d’autres rivaux de France Télécom pourraient suivre. Autant dire que l’opérateur historique, dont les revenus du téléphone fixe sont déjà en déclin, risque d’être déstabilisé et contraint à riposter. A lui seul, Free vise un million de clients à l’Internet rapide d’ici à la fin 2005.
Concrètement, un abonnement chez France Télécom restera indispensable pour bénéficier de l’offre de Free. Il faudra également souscrire un abonnement à l’Internet haut débit auprès de cette société. Il en coûte environ 30 euros par mois, même si, selon Michaël Boukobza, directeur général adjoint de Free, ce tarif « est l’un des plus agressifs du marché ». Enfin, cette offre sera réservée aux résidents des grandes villes (Paris, Lyon, Grenoble, Rouen, Caen, Rennes, etc.) ou des départements (92, 93 et 94) reliés aux équipements de l’opérateur alternatif.
Une fois ces conditions remplies, les tarifs sont surprenants. Les communications vers la France métropolitaine seront gratuites jusqu’à la fin de l’année. Après le 1er janvier 2004, 10 heures d’appel seront offertes par mois. Les appels vers les numéros spéciaux (Audiotel, mobile, etc.) restent payants. Et ceux vers l’international seront facturés un faible montant : 3 centimes d’euros par minute.
Autre avantage, les correspondants, où qu’ils habitent en France, pourront appeler les abonnés de Free (dont le numéro débutera par les chiffres « 087 ») au tarif d’un appel local. Une possibilité ouverte par une récente décision de l’Autorité de régulation des télécommunications (ART), réglant un différend entre France Télécom et Free.
Ce dernier a obtenu gain de cause pour « une période transitoire », jusqu’au 1er juillet 2004. Il n’est pas certain que les prix avantageux de ces appels « entrants » seront ensuite maintenus, les deux parties devant encore définir le mode de tarification au-delà de cette date. France Télécom, qui affirme que l’ART lui a donné raison, met en garde : les prix augmenteront « après avoir été subventionnés par France Télécom », assure-t-on au sein du groupe public. Michaël Boukobza se dit, lui, certain qu’un « terrain d’entente sera trouvé entre deux opérateurs responsables ».
| L’annuaire universel devrait renforcer la concurrence |
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| L’annuaire universel, qui fournira les coordonnées des abonnés du téléphone fixe et du mobile, va enfin voir le jour. Le décret qui permet sa création a été publié mercredi dernier au "Journal officiel". Il prévoit notamment la fin de la "liste rouge" payante, ce service devenant gratuit pour ceux qui ne souhaitent pas figurer dans l’annuaire. Pour France Télécom, qui a demandé au gouvernement une augmentation de 2,3% de l’abonnement, cette nouveauté représente un manque à gagner de 150 millions d’euros environ par an. « C’est l’aboutissement d’une négociation longue. La loi de 1996 prévoyait déjà la mise en place d’un annuaire universel des abonnés au fixe et mobile », déclare Bernard Dupré, délégué général de l’AFUTT, l’Association française des utilisateurs du téléphone et des télécommunications. « Désormais, les consommateurs vont pouvoir mettre la dose d’information qu’ils souhaitent dans l’annuaire, sans avoir à payer. C’est une très bonne nouvelle ». L’association demandait en effet depuis de « nombreuses années » la gratuité de la "liste rouge". Le décret impose par ailleurs aux opérateurs de communiquer leur liste d’abonnés à toute personne souhaitant éditer un annuaire universel, et ce à un prix devant « refléter le coût du service rendu ». C’est désormais l’Autorité de régulation des télécommunications (ART) qui fixera les conditions techniques et tarifaires, si elle est saisie en règlement de différend. Alors qu’aucun acteur n’a réussi à s’imposer face à France Télécom, cette obligation devrait, de l’avis de plusieurs experts, entraîner une baisse importante du prix de vente des bases d’abonnés et contribuer à ouvrir un peu plus à la concurrence le marché des annuaires, tout particulièrement électroniques. Chez SFR, la filiale mobile de Cegetel, on estime que « la mise en oeuvre de cette disposition devrait mettre un terme aux nombreux contentieux qui ont déjà eu lieu sur le sujet ». « France Télécom revend aujourd’hui ses bases d’abonnés Pages jaunes et Pages blanches 5 millions d’euros. Nous demandons que ce prix soit au moins divisé par cinq », déclare Nils Tharandt, président du groupe New Media 21st et directeur général de Scoot France. « L’annuaire universel va enfin permettre aux concurrents des Pages jaunes de vivre. Mais je ne l’attends, dans le meilleur des cas, qu’au deuxième trimestre 2004 », affirme Nils Tharandt. |
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