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La colonisation israélienne continue
24 avril 2023, par

La municipalité israélienne de Jérusalem, en collaboration avec la société Shikon Vibinoy, a publié des plans visant à étendre une colonie ce qui entraînerait l’appropriation de nouvelles terres palestiniennes.
Selon cette proposition de plan, le nombre d’unités de logement dans la colonie de Givat Hamatos, construite sur des terres situées dans la ville palestinienne de Beit Safafa, passerait de 300 à 1 500. Beit Safafa est principalement située à Jérusalem-Est, une partie de son territoire nord se trouvant à Jérusalem-Ouest.
Selon certains analystes, l’expansion des colonies israéliennes détruirait définitivement la contiguïté géographique palestinienne entre Jérusalem-Est et Bethléem. Cela empêcherait aussi à Beit Safafa de faire partie d’un futur État palestinien.
« Israël résout les problèmes sociaux et immobiliers de Jérusalem-Ouest en étendant les colonies à l’est de la ville », a expliqué Aviv Tatarsky, chercheur à Ir Amim, une organisation à but non lucratif fondée en 2004. La mission de cette organisation est de faire de Jérusalem une ville plus équitable et plus durable pour ses habitants israéliens et palestiniens.
« L’extension des droits de construction à Givat Hamatos est en totale contradiction avec les projets de la municipalité de Jérusalem pour les Palestiniens de l’est de la ville », a-t-il ajouté.
« Lorsqu’il s’agit d’Israéliens, la municipalité autorise des travaux de construction à grande échelle, en particulier dans les zones situées à l’extérieur de la ligne verte, car elle trouve toujours le moyen d’ignorer les considérations de planification et les décisions antérieures prises par le comité de planification. En revanche, tout plan proposé par les Palestiniens est refusé sous divers prétextes », a expliqué ce dernier.
Un plan de colonisation visant à chasser les Palestiniens de Jérusalem
Khalil Tafakji, expert en affaires de colonisation, a déclaré au site Arab News que lorsque Barack Obama était président des États-Unis, ce projet de colonisation avait été interrompu sous la pression de l’Allemagne, car Israël avait saisi des parties de terres appartenant à l’Église luthérienne.
Cet expert a expliqué que la colonisation de Jérusalem « reste une priorité pour tous les partis israéliens, qu’ils soient de droite, de gauche ou autres, parce qu’Israël la considère comme la capitale indivisible » qui ne sera jamais partagée avec les Palestiniens.
Durant un moment, les projets de colonisation approuvés à Jérusalem-Est n’ont pas été mis en œuvre en raison de la pression internationale, a expliqué Khalil Tafakji. Cependant, aujourd’hui « le gouvernement israélien profite des conditions mondiales actuelles pour les mettre en œuvre ».
Les projets de colonisation israéliens à Jérusalem comprennent aussi de nouvelles infrastructures : la rue américaine dans la ville palestinienne de Sur Baher, à l’est de Jérusalem, et des tunnels dans la région de Beit Jala. Une proposition de construire 1 600 unités de peuplement à Kiryat Shlomo dans le cadre du plan 2050 pour le Grand Jérusalem est aussi prévue.
Pour construire davantage d’unités de colonies pour les Israéliens à Jérusalem, les autorités démolissent les maisons des Palestiniens dans l’est de la ville sous divers prétextes. Ils ne leur accordent pas de permis de construire de nouvelles maisons, ce qui est clairement une volonté de modifier la nature démographique de la ville et de chasser les palestiniens de leur territoire.
Les Palestiniens considèrent Jérusalem-Est comme la capitale de leur futur État. Selon Tafakji, 350 000 Palestiniens y vivent actuellement, contre 230 000 colons, dans une zone de Jérusalem « équivalente à 1,2% de la taille de la Cisjordanie ».
Pour l’expert, « le gouvernement israélien cherche à relier Jérusalem aux colonies qui l’entrourent, telles que Gush Etzion et Ma’ale Adumim, par une série de tunnels, afin d’augmenter sa superficie. L’idée est de la rendre équivalente à 10% de la taille de la Cisjordanie, conformément au plan du Grand Jérusalem. »
Les tunnels et les ponts construits par les autorités israéliennes visent à permettre aux colons - vivant en Cisjordanie et travaillant à Jérusalem - de se déplacer plus facilement entre leurs domiciles et leurs lieux de travail.
Le ministère palestinien des Affaires étrangères dénonce cette colonisation
Le ministère palestinien des Affaires étrangères a déclaré qu’il condamnait toutes les formes de colonisation israélienne dans les territoires palestiniens, qu’il s’agisse de la construction de milliers de maisons, comme à Jérusalem, de l’allocation de millions de dollars pour construire des routes, ou de la saisie de terres palestiniennes, comme dans le gouvernorat de Qalqilya et dans d’autres endroits.
Il a également dénoncé l’escalade des attaques menées par les colons contre les Palestiniens, leurs terres, leur bétail, leurs biens, leurs maisons et leurs magasins dans toute la Cisjordanie occupée.
Le ministère palestinien des Affaires étrangères considère l’expansion des colonies comme un sabotage délibéré par Israël de toute chance de créer un État palestinien. Israél agit au mépris des protestations et des résolutions internationales qui ont condamné ces activités et exigé qu’elles cessent immédiatement.
« Il s’agit également d’une destruction systématique des chances de survie et de la détermination des générations palestiniennes successives dans leur patrie, la Palestine, et d’une guerre ouverte contre notre peuple et ses droits », a ajouté le ministère.
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