Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Plus de 100000 morts à cause de la répression coloniale pour détruire le MDRM et les élites conscientes qui pouvaient développer Madagascar
28 mars, par

Le 29 mars 2026 marquera le 79e anniversaire du soulèvement de 1947 à Madagascar. Ce jour-là, en 1947, des Malgaches attaquent le camp militaire français de Moramanga. L’événement déclenche une répression d’une ampleur massive : plus de 100 000 morts sur une population d’environ 4 millions d’habitants. Arrestations, exécutions sommaires, villages incendiés et fosses communes jalonnent cette période. L’armée coloniale applique des méthodes de terreur destinées à écraser toute contestation. Elle utilisa les méthodes de la GESTAPO alors que 3 ans auparavant, les Malgaches avaient contribué à chasser l’extrême droite pro-nazie du pouvoir en France.
Photo : Moramanga après le passage d’une colonne de l’armée coloniale française.
Au cœur des tensions se trouvait la volonté des colonialistes français de détruire le Mouvement démocratique de la rénovation malgache (MDRM), un front de libération comparable au CRADS à La Réunion. c’était le principal parti, qui réclamait l’abolition du statut colonial et l’abrogation de la loi d’annexion à la France. Bien qu’il ne prôna pas officiellement la lutte armée, il fut accusé d’être à l’origine des troubles. Ses dirigeants et militants sont exécutés arrêtés et condamnés, avant que les 3 députés MRDM condamnés à mort par la justice coloniale furent finalement libérés grâce à une forte mobilisation, notamment des communistes à La Réunion. Pour les autorités françaises, il s’agit surtout d’empêcher l’émergence d’un pouvoir malgache susceptible d’échapper à leur influence.
L’armée coloniale appliqua des méthodes de terreur destinées à écraser toute contestation. Elle utilisa les méthodes de la GESTAPO et de la Milice de Pétain alors que 3 ans auparavant, les Malgaches avaient contribué à chasser l’extrême droite pro-nazie du pouvoir en France. La répression visait notamment les cadres, médecins, universitaires et enseignants. Comme les USA au Vietnam 20 ans plus tard, Paris voulait ramener Madagascar à l’âge de pierre, sa méthode : exterminer les élites conscientes qui pouvaient contribuer au développement de Madagascar.
Depuis l’annexion de 1896, les Malgaches vivent sous un régime inégalitaire, soumis au Code de l’Indigénat. Exclus de la citoyenneté pleine et entière, ils occupent le dernier rang dans la hiérarchie coloniale dominée par les Français et leurs supplétifs réunionnais. Les premières revendications politiques, portées par les communistes, réclamaient d’abord l’égalité des droits avec l’accès à la citoyenneté de tous les Malgaches. A La Réunion, une revendication analogue aboutit à la loi du 19 mars 1946. Mais face au refus persistant de réformes substantielles, l’idée du retour à l’indépendance totale gagne du terrain.
Après l’écrasement de 1947, la voie est dégagée pour des partis plus favorables aux intérêts français, notamment le Parti des déshérités de Madagascar (PADESM) soutenu par le pouvoir colonial. Lorsque Madagascar redevient indépendant en 1960, le pays dirigé par le PADESM demeure fortement lié à Paris par des accords de coopération qui prolongent l’influence politique, économique et militaire du colonisateur. Ainsi, le chef de la gendarmerie nationale fut un Français jusqu’en 1970.
Il faut attendre 1972 pour qu’un vaste mouvement de protestation, initié par les étudiants, mette fin à cette domination et provoque la chute du régime en place. Entre 1947 et 1972, un quart de siècle s’est écoulé, marqué par les séquelles du massacre et par des tensions durables. L’onde de choc de ces événements continue encore aujourd’hui de peser sur la mémoire collective, la vie politique malgache, et la situation économique de Madagascar.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Mézami na pwin lontan mwin té apré rogard bann nouvèl lafrik… La politik biensir, la pé, la guèr, lékonomi é mwin la antann in konvèrssassion rant (…)
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Na pwin lontan mi oi dann télé, in lanjin apré boulvèrs in kour lékol. Mi domann amwin pou kossa io fé sa, sirtou kan ou la bétone la kour-la na (…)
Messages
29 mars, 19:50
MANIFESTE : LA DÉMENCE AU MIROIR DE L’OCÉAN INDIEN
Contre l’instrumentalisation de la liberté et le retour de l’ordre colonial
I. Le Masque des Lumières
Nous dénonçons avec la plus grande fermeté la tentative de l’administration Trump de travestir une agression impériale en épopée libératrice. Prétendre « venger » ou « achever » l’insurrection populaire de janvier en Iran par le feu des missiles est une insulte à la mémoire des luttes d’émancipation. Comme Bonaparte à Saint-Domingue, l’Empire ne vient pas briser les chaînes, il vient changer le nom du geôlier.
II. La Géographie du Sacrifice
L’Océan Indien n’est pas un échiquier inerte. De La Réunion aux côtes persiques, nous refusons que nos territoires soient les variables d’ajustement d’une « démence » stratégique. Quand Washington frappe, c’est le ventre de nos îles qui gronde : explosion des prix, insécurité alimentaire, militarisation de nos horizons. Le coût de la « fureur » américaine se paie à la pompe et dans l’assiette des Réunionnais.
III. La Souveraineté ne se parachute pas
Une insurrection ne peut être authentique que si elle appartient au peuple qui la mène. En récupérant le sang des manifestants iraniens pour justifier une guerre de contrôle énergétique, les États-Unis ne font que renforcer la tyrannie qu’ils prétendent combattre. On n’exporte pas la démocratie dans les fourgons d’une armée d’invasion.
IV. Appel à la vigilance des Périphéries
Nous appelons les peuples de l’Océan Indien et les intellectuels décoloniaux à refuser le récit binaire de l’Empire. La solidarité avec le peuple iranien ne doit pas être le marchepied de l’hégémonie. Il n’y a pas de « guerre juste » quand elle est décidée unilatéralement par un centre aveugle aux réalités de ses périphéries.
29 mars, 19:52, par phil barduf
La liberté n’est pas un présent que l’on reçoit d’un conquérant, c’est un droit que l’on exerce contre lui."