Les questions du temps présent
21 juillet, parCeux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
Madagascar peut redevenir le grenier de l’océan Indien
7 décembre 2022, par

La réussite du projet CASEF peut avoir des effets positifs au-delà de Madagascar. Il contribue à un objectif : que la Grande île redevienne le grenier de l’océan Indien. Alors s’ouvrira pour La Réunion la possibilité de sécuriser ses importations de produits de première nécessité notamment pour le riz ou l’alimentation animale.
D’ici 2023, près de 1,4 million d’agriculteurs malgaches seront donc en capacité d’investir pour augmenter leur production grâce à cette opération de sécurisation foncière.
Ceci permettra donc de contribuer fortement à l’objectif d’autosuffisance alimentaire de la Grande île. Plus largement, Madagascar se fixe également comme perspective de redevenir le grenier de l’océan Indien, par la valorisation de ses importantes superficies de terres agricoles.
Rappelons que La Réunion avait des liens importants avec Madagascar. C’est en effet de la Grande île qu’était importée la nourriture qui n’était pas produite à La Réunion. Actuellement, ces importations viennent de pays lointains. Le riz, aliment de base des Réunionnais, est importé de Thaïlande. Le lait et la viande viennent en grande partie d’Europe, et l’aliment pour bétail d’Argentine. Il n’est pas rare de trouver dans les commerces de l’ail de Chine, des oignons de l’Inde, ou des carottes d’Australie.
Sécuriser les importations de La Réunion
Les conséquences de l’épidémie de coronavirus et de la guerre en Ukraine ont montré la fragilité de ce système. Il suffit que quelques bateaux soient retardés pour créer des pénuries de produits de première nécessité.
Il est donc essentiel de soutenir la production locale réunionnaise pour diminuer la dépendance aux importations. Mais, compte tenu d’un foncier réduit, il semble difficile d’imaginer pour La Réunion une autosuffisance totale. Dans ces conditions, Madagascar apparaît comme le partenaire évident pour fournir à La Réunion tout ce qu’elle ne peut produire.
Une telle orientation permettra de raccourcir considérablement la distance parcourue par nos importations, ce qui les sécurisera. Elle donnera aussi la possibilité à La Réunion de renouer des relations solides avec une île sœur qui a fortement contribué à son peuplement. Un partenariat gagnant-gagnant en perspective.
M.M.
Ceux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
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