Paul Vergès : Penseur et homme d’action
1er septembre, parPaul Vergès : 2016-2026
La région du Tamatavy détruite par le cyclone Gezani
13 février, par

Après le passage dévastateur du cyclone Gezani, qui a frappé jusqu’à 75 % de Toamasina, un appel solennel à la solidarité est lancé. À Madagascar comme dans la diaspora, chaque Malgache est invité à agir. Les dizaines de milliers de Réunionnais dont les ancêtres sont originaires du Tamatavy sont directement concernés par cet élan d’unité.
Le cyclone Gezani n’est pas qu’un phénomène météorologique. C’est un drame humain, social et économique qui frappe de plein fouet Toamasina et ses environs. Selon les premières estimations, près de 75 % de la ville est détruite. Des quartiers entiers sont sinistrés, des familles ont tout perdu, les plus précaires paient le prix fort. Derrière les chiffres, il y a des vies brisées, des enfants sans abri, des travailleurs privés de moyens de subsistance.
Face à cette catastrophe, le président de la réforme de la République, Randrianirina Michaël, a lancé un appel clair et sans détour lors du Conseil des ministres du mercredi 11 février 2026 : l’heure est à l’unité nationale. Tous les Malgaches, au pays comme à l’étranger, sont appelés à faire preuve de solidarité concrète. Aide alimentaire, soutien matériel, contributions financières, organisation de collectes : chaque geste compte.
Cet appel ne doit pas rester lettre morte. Il engage la responsabilité collective d’un peuple qui a, dans son histoire, toujours su faire face aux épreuves par la solidarité. La participation de chacun, même modeste, est un acte de patriotisme. C’est l’expression vivante de l’amour pour la patrie et pour nos compatriotes en souffrance. L’unité n’est pas un slogan : c’est une pratique.
À La Réunion, cet appel résonne avec une force particulière. De nombreux Réunionnais sont originaires de la région de Toamasina. Beaucoup ont des ancêtres venant de la région du Tamatavy, région de l’Est de Madagascar durement touchée, C’est un des principaux point de départ de l’émigration forcée de Malgaches vers La Réunion en tant qu’esclaves pour enrichir les planteurs créoles et la France. Ces liens ne sont pas abstraits : ils sont familiaux, culturels. Ils traversent les générations et nourrissent une mémoire partagée entre les deux rives du bras de mer qui sépare nos pays.
Les Réunionnais descendants de Tamatavy font pleinement partie des Malgaches de l’étranger. À ce titre, ils sont interpellés. On ne peut pas revendiquer ses racines dans les moments de fierté et rester silencieux dans les moments d’épreuve. Répondre à l’appel lancé pour Toamasina, c’est affirmer que la solidarité dépasse les frontières administratives et que l’histoire commune crée des devoirs.
Dans les quartiers, dans les associations, dans les familles, l’heure est à l’organisation. Il faut informer, mobiliser, collecter. Les petites contributions mises bout à bout deviennent une force immense. Un sac de riz, une caisse de conserves, un transfert d’argent, un engagement bénévole : tout cela participe à la reconstruction morale et matérielle.
Le cyclone Gezani a frappé durement. Mais il peut aussi être le révélateur d’une conscience collective. Si le peuple malgache, ici et ailleurs, se lève pour soutenir Toamasina, alors de cette épreuve naîtra une solidarité renforcée. L’unité nationale n’est pas un mot d’ordre abstrait : c’est une exigence historique. Aujourd’hui, Toamasina a besoin de nous. Demain, c’est toute la nation qui se relèvera, plus forte parce que solidaire.
M.M.
Paul Vergès : 2016-2026
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