Opposition à un régime qui cherche à s’installer

Madagascar : Des partisans du président élu manifestent sur la Place du 13 Mai à Antananarivo

27 octobre 2025, par Manuel Marchal

À Madagascar, le mouvement de la jeunesse, né d’un désir de changement, a conduit à la prise du pouvoir par des militaires et des opposants jusque-là battus aux urnes. La ministre sortante Marie Michelle Sahondrarimalala dénonce un “coup d’État armé” et un climat de peur où “le pays est dirigé par les armes”. Aux côtés des manifestants, elle appelle au respect de la loi et au dialogue pour restaurer la démocratie.

Ce qui avait commencé comme un mouvement citoyen mené par la jeunesse pour dénoncer les dérives du pouvoir s’est transformé en une crise politique majeure. À Madagascar, la mobilisation des jeunes, d’abord pacifique, a été récupéré par des militaires et des opposants politiques jusque-là régulièrement battus lors des élections qui se sont partagés le pouvoir.

Ce samedi, la Place du 13 Mai à Antananarivo a de nouveau été le théâtre d’un nouveau rassemblement. Marie Michelle Sahondrarimalala, ex-ministre de l’Éducation nationale s’est adressée à la foule avant de se rendre devant la Haute Cour constitutionnelle toute proche. Elle a dénoncé ce qu’elle qualifie de “prise de pouvoir par la force”, un “coup d’État armé” orchestré, selon elle, par des “gradés politiciens”.

Pour la ministre, il ne s’agit pas d’un simple changement politique, mais d’une véritable confiscation du pouvoir : “Les partisans du président Rajoelina ne se taisent pas par consentement, mais par peur.” Elle décrit un climat de tension où “le pays est dirigé par les armes”, où des bureaux de fokontany sont scellés et des responsables locaux contraints de céder leur place. “Une chasse aux sorcières est en cours”, affirme-t-elle, avant d’ajouter : “Ce n’est pas le Madagascar que nous voulons.”

Pour le respect des libertés et la fin des intimidations

À ses côtés, Rinah Rakotomanga, ancienne directrice de la communication de la présidence de la République, a lancé un appel au dialogue national. “Nous ne sommes pas en guerre, il faut discuter”, a-t-elle plaidé, invitant au respect des libertés et à la fin des intimidations.

Cette crise met en lumière les fragilités démocratiques du pays, où la colère populaire, née de pénuries d’eau et d’électricité, a fini par être récupérée par des forces cherchant le pouvoir. Le projet d’un renouveau porté par la jeunesse semble compromis pour l’instant.

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