APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Tensions sur un produit importé
2 mars 2012

La hausse des prix à la pompe envisagée par les groupements pétroliers à Madagascar entraîne l’État malgache entre le marteau et l’enclume, a-t-on constaté après avoir eu l’analyse des experts, d’après Xinhua.
Les groupements pétroliers s’impatient d’augmenter de 600 Ariary par litre les prix à la pompe (21 centimes), et n’attendent que la décision de l’État, qui devrait être prise en conseil du gouvernement.
La hausse de 8,2% du prix du pétrole brut en 2011, les troubles sociaux dans des pays producteurs et la rupture des contrats du groupe pétrolier italien Ente Nazionale Idrocarburi avec la Libye, sont entre autres les raisons de la hausse du prix à la pompe à Madagascar, selon les groupements pétroliers.
Les données de l’Office malgache des hydrocarbures (OMH) montrent que la dernière hausse des prix des carburants à la pompe à Madagascar a eu lieu le 13 avril 2011, depuis quand l’essence sans plomb est de 3.090 Ariary (1,07 euro), le pétrole lampant 1.850 Ariary (0,64 euro) et le gasoil 2.580 Ariary (0,89 euro).
Un expert malgache en économie, Rakotomalala Fleurys, a dit que la vérité des prix du carburant n’était pas encore à ce stade, mais le gouvernement de la transition malgache a limité à taux fixe la parité de dollar pour les opérateurs pétroliers pour que ces derniers puissent diminuer un peu le prix du carburant à la pompe, sinon l’impact de la vérité du prix de carburant serait insupportable.
Le risque de l’inflation
Le Premier ministre Omer Beriziky a exprimé que la pression était forte sur les opérateurs pétroliers pour la révision à la hausse des prix du carburant, mais le gouvernement devait négocier les prix qu’ils ont proposés.
Une source auprès du ministère des Hydrocarbures a fait savoir que le ministre Marcel Bernard et les membres de la commission chargée des Hydrocarbures au sein du Congrès de la Transition, se sont entretenus depuis la semaine dernière pour voir une solution non risquée. « Une hausse de 150 Ariary par litre est prévue par le gouvernement », a-t-il dévoilé.
Un autre expert malgache en économie, Fidy Rasoamanana, a expliqué que la hausse des prix de carburant allait engendrer évidemment une inflation qu’il avait qualifiée de cancer de l’économie.
« Si l’État ne maîtrise pas les prix de carburant, Madagascar va risquer d’autres problèmes économiques alors que la situation économique du pays est déjà aggravée par la crise politique actuelle. Une explosion sociale est également à craindre », a souligné Fidy Rasoamanana.
L’Union européenne au secours des pétroliers ?
Pourtant, le représentant résident de la Banque mondiale à Madagascar, Adolfo Brizzi a indiqué que « la fixation des prix par l’État pourrait entraîner le retrait du secteur privé qui vend à perte. Les compagnies pourront arrêter les importations, d’où une pénurie importante de produits ».
Par ailleurs, le représentant de l’Union européenne à Madagascar, Leonidas Tezapsdis a également dit au ministre malgache des Hydrocarbures que « les pétroliers se trouvent actuellement dans une situation précaire, et les importations risquent d’en être affectées ».
Il faut noter que le gouvernement malgache a déjà proposé de subventionner les compagnies pétrolières avant la dernière hausse des prix à la pompe en 2011, mais ces derniers se plaignent que l’État n’a donné que 15 milliards d’Ariary, qui sont déjà épuisés, alors que les pertes enregistrées par le secteur pétrolier se sont élevées à 150 milliards d’Ariary en 2011.
Madagascar importe les carburants dont elle a besoin. Des gisements de pétrole ont été déjà essayés dans le pays mais jusqu’à maintenant aucune production n’est encore envisageable pour remédier à la hausse du prix à la pompe.
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