Conséquence de la persistance de l’urgence sociale : les jeunes dans la rue pour réformer les institutions

Gen Z Madagascar manifeste pour la dissolution de la Haute Cour Constitutionnelle, de la CENI, de l’Assemblée nationale et du Sénat

11 avril, par Manuel Marchal

Le mouvement Gen Z a une nouvelle fois démontré sa capacité de mobilisation ce vendredi en investissant les rues du centre-ville d’Antananarivo, plus grande ville de l’océan Indien. Parti d’Ambohijatovo, le cortège de jeunes manifestants a rejoint la place du 13 Mai à Analakely, haut lieu des revendications populaires, dans une ambiance déterminée. Munis de pancartes et de banderoles, les participants ont exprimé avec force leur ras-le-bol face à la situation actuelle qui ne cesse de s’aggraver pour la population.

Au cœur de leur mobilisation, des revendications claires et sans concession. Les manifestants exigent la disparition de plusieurs institutions qu’ils jugent responsables des blocages politiques et économiques du pays. Parmi les structures ciblées figurent la Haute Cour Constitutionnelle, la CENI, l’Assemblée nationale et le Sénat. Pour ces jeunes, une refonte totale du système institutionnel apparaît comme une nécessité pour sortir de la crise.

Mais au-delà des revendications politiques, les préoccupations sociales occupent également une place centrale. Les membres du mouvement dénoncent les coupures récurrentes d’eau et d’électricité, ainsi que la dégradation avancée des infrastructures routières, qui compliquent fortement le quotidien des citoyens. Ils réclament des mesures urgentes et concrètes pour améliorer les conditions de vie de la population.

Le mouvement Gen Z insiste également sur son indépendance. Ses membres affirment n’avoir reçu aucun financement de la part d’acteurs politiques et rejettent toute affiliation avec l’ancien régime, renversé à la suite de leur mobilisation entre septembre et octobre 2025. Cette position vise à renforcer leur crédibilité auprès de l’opinion publique et à se présenter comme une force citoyenne autonome.

Aujourd’hui, leur critique se concentre sur le régime issu du coup d’État militaire. Les manifestants l’accusent de ne pas avoir respecté ses engagements, notamment celui de dissoudre les institutions contestées. Pour Gen Z, l’heure n’est plus aux promesses, mais à des actes concrets.

À travers cette mobilisation, le mouvement envoie un message fort : sans réformes profondes et réponses rapides aux préoccupations sociales, la contestation risque de s’amplifier dans les semaines à venir.

M.M.

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