Placer le peuple au-dessus de tout
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Un assassinat qui changea l’histoire de Madagascar
13 février 2020, par

A l’initiative de REAGIES, en mars 2019, une délégation réunionnaise a visité le Musée de la gendarmerie nationale à Moramanga, Madagascar. C’est un important musée de l’Histoire de la Grande île. C’est avec émotion que la délégation avait vu une des pièces les plus importantes de cette institution : la Peugeot 404 présidentielle criblée d’impacts de balle à bord de laquelle le général de gendarmerie Richard Ratsimandrava fut assassiné, quelques jours après être devenu président de la République de Madagascar. C’était le 11 février 1975 et le crime ne fut jamais élucidé. Pour la seconde année consécutive, le 11 février dernier les forces armées, la gendarmerie et la police nationale ont commémoré ensemble l’anniversaire de l’assassinat du président Ratsimandrava.
Dans le Musée de la gendarmerie nationale de Moramanga, une 404 noire est garée dans un bâtiment orné d’une grande baie vitrée. Le véhicule est criblé d’impacts de balle. Devant lui, une plaque rappelle que c’était la voiture de fonction dans laquelle un président de la République fut assassiné, Richard Ratsimandrava. A l’initiative de REAGIES, une délégation réunionnaise visita ce musée en mars 2019, et vit donc ce véhicule et son histoire.
Le mandat de Richard Ratsimandrava ne dura que 6 jours, et le crime ne fut jamais élucidé. Trop d’intérêts puissants voulaient la mort du populaire chef de la gendarmerie.
L’arrivée au pouvoir de Richard Ratsimandrava devait mettre fin à une période de transition. En mai 1972, une grève des étudiants allait déboucher sur une révolte et le renversement du régime pro-français de Philibert Tsiranana. Le pouvoir fut alors confié aux militaires, avec à leur tête le général Gabriel Ramanantsoa. Richard Ratsimandrava était alors le chef de la gendarmerie malgache, il devint ministre de l’Intérieur.
Pour développer le pays, il comptait s’appuyer sur un cadre institutionnel qui n’était pas celui importé de France qui fut imposé à Madagascar. Richard Ratsimandrava estimait que l’institution à la légitimité la plus partagée est le fokonolona, la communauté de village ou de quartier, qui s’organise pour générer ses propres recettes. Il voulait aussi lutter contre le poids des entreprises étrangères et des étrangers dans l’économie. Il était donc partisan d’une décentralisation et d’une politique qui devait conduire à la prise de responsabilité du peuple.
Ces projets dérangeaient des intérêts puissants.
Richard Ratsimandrava fut nommé président de la République le 5 février 1975. Il avait les pleins pouvoirs pour développer le nouveau cadre institutionnel et économique basé sur le fokonolona. 6 jours plus tard, il était assassiné par un commando à la sortie du Conseil des ministres. Ce crime ne fut jamais élucidé, les coupables jamais traduits en justice, et l’enquête arrêtée pour « préserver l’unité nationale ».
Pour la deuxième année consécutive, une cérémonie était organisée le 11 février dernier pour rendre hommage au président assassiné. Cette cérémonie était organisée par l’armée, la gendarmerie et la police, avec la participation du gouvernement.
Regarder l’avenir. C’est le message transmis par Danielle Ratsimandrava en marge de la cérémonie, indique « l’Express » de Madagascar. « Ce qui s’est passé est triste mais il ne faut pas s’apitoyer sur son sort. Nous avons entendu à travers les différentes interventions l’héritage qu’il a laissé : l’amour de la patrie et du peuple malgache », précise-t-elle.
Le Premier ministre Christian Ntsay a salué le bilan de la « guerre contre l’insécurité », qui avait été lancée 12 mois plus tôt à l’occasion de la précédente commémoration.
Et « l’Express » de conclure : « Quarante-cinq ans après, les péripéties autour de l’assassinat du général Richard Ratsimandrava restent entiers. Lors du dépôt des gerbes à Ambohijatovo Ambony, l’assistance a attendu qu’un pan de voile soit levé avec l’intervention du général Désiré Rakotoarijaona, proche du colonel Ratsimandrava. Toutefois, son discours est resté dans des généralités. »
M.M.
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