Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
24 mars 2006

À Antananarivo, la capitale malgache, l’Institut Pasteur existe depuis 1898 et concentre ses recherches en santé publique sur les pathologies infectieuses présentes dans la Grande Île (paludisme, peste, tuberculose, virus et arboviroses). La montée du chikungunya y est regardée avec circonspection.
Antananarivo, 17 mars - Madagascar est confrontée depuis l’année dernière à une épidémie de dengue et voit monter depuis cette année le nombre de cas de chikungunya sans bien pouvoir en estimer l’importance.
Nommé à la Direction depuis 1 an, Antoine Talarmin a jadis étudié les arboviroses pendant 5 ans. Mais il reconnaît que les instituts de recherche - dont celui d’Antananarivo - les ont quelque peu “oubliées” depuis la fin des années 90. L’épidémie de La Réunion laisse perplexes les chercheurs de l’Institut.
"L’Ile était protégée depuis longtemps. La dengue n’est là que depuis l’an dernier. Le chikungunya est encore plus récent, et ici, la population n’a pas été éduquée à éliminer les gîtes larvaires", note-t-il.
"Le nombre de cas est difficile à évaluer car il n’y a pas de diagnostic systématique. Le paludisme ici représente à peine 10% des cas de fièvres... Il est très difficile de se prononcer. Nous sommes sûrs d’être devant une épidémie de dengue. Mais est-ce que la dengue est en train de décroître, et le chikungunya en train de monter derrière ? On ne sait pas non plus", admet-il. S’il semble appréhender moins une épidémie de chikungunya qu’une épidémie de dengue hémorragique, il reconnaît aussi qu’une épidémie de la virulence de celle de La Réunion, à l’échelle de Madagascar (18,6 millions d’habitants), serait un coup dur à parer.
À l’unité de virologie, une quinzaine de personnes travaillent sous la Direction de Jean-Marc Reynes. Les diagnostics moléculaires pour la dengue et le chikungunya sont faits sur place. Mais il manque certains réactifs nécessaires à l’étude de ce dernier virus et les chercheurs doivent s’adresser au Centre national de Lyon. Ils sont conscients qu’une explosion de l’épidémie telle qu’elle s’est produite à La Réunion les mettrait dans une situation difficile.
Sur le chapitre de la coopération régionale, le directeur fait preuve de beaucoup de réserve. Il dit n’avoir que peu d’informations sur les actions du ministère malgache de la Santé dans des programmes de recherches régionaux. "Ce que nous attendons est un renforcement des laboratoires. La veille est une bonne chose, mais si on ne peut faire de diagnostic, c’est très insuffisant", a estimé Antoine Talarmin.
Ignorant presque tout du développement de l’Université et des pôles d’excellence de La Réunion, il a été surpris d’apprendre l’existence d’un vivier de doctorants. "S’il y a à La Réunion des thésards qui voudraient venir travailler chez nous, cela pourrait être une forme d’action de coopération à envisager", a-t-il déclaré.
P. David
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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