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La création d’entreprise : proposition pour valoriser le potentiel des étudiants de l’Université d’Antananarivo

Étude doctorale sur l’intention entrepreneuriale des étudiants

lundi 24 octobre 2022, par Manuel Marchal


Rinah Ravelojaona est doctorante à l’Université d’Antananarivo. Elle fait partie de cette jeunesse qui constitue 70 % de la population de Madagascar et qui constitue une des principales richesses de ce pays. Or cette jeunesse doit faire face au chômage, notamment chez les jeunes diplômés.


Le travail de recherche de Rinah Ravelojaona s’intéresse à l’intention entrepreneuriale des étudiants, ou comment utiliser son haut niveau de formation en créant sa propre entreprise afin de lutter contre le chômage et de créer des richesses grâce à la valorisation des abondantes ressources naturelles de Madagascar.

Rinah Ravelojaona est étudiante à l’École doctorale « Gestion des ressources naturelles et développement » de l’Université d’Antananarivo. Elle a choisi de se spécialiser dans l’économie et la politique des ressources naturelles.

Rinah Ravelojaona constate que 70 % des près de 29 millions d’habitants de Madagascar ont moins de 25 ans, ce qui constitue une richesse considérable. Son pays est également richement doté par la nature. La Grande île détient en effet d’importantes réserves minérales dans son sous-sol, ainsi que de grandes richesses dans sa biosphère.

Malgré cela, elle note que d’après une récente étude de la Banque mondiale, Madagascar est classé comme 6e pays le plus pauvre du monde. Ceci découle notamment d’un très faible niveau d’industrialisation et de transformation des matières premières.

Contre le chômage touchant des diplômés de l’Université

Par ailleurs, elle a également constaté que d’après une étude de l’INSTAT (l’INSEE malgache) et de l’Organisation internationale du Travail, le taux de chômage augmente quand le niveau des étudiants s’élève.

Ceci découle d’un manque de débouché dans la fonction publique et les entreprises existantes dans un contexte de compétitivité exacerbée dans le monde du travail. Pour remédier à cette situation, pourquoi ne pas choisir l’entrepreneuriat, compte tenu des importantes richesses naturelles de Madagascar qui peuvent être valorisées ?

Tel est la problématique de sa recherche qui s’intéresse à l’intention entrepreneuriale des étudiants de l’Université d’Antananarivo.
Elle a donc élaboré un échantillon de 500 étudiants à qui elle a adressé un questionnaire. Elle a dénombré 300 retours dont 184 réponses exploitables.

Biovalorisation des ressources naturelles

Rinah Ravelojaona note une grande diversité du type d’entreprise envisagée. Les ressources exploitées sont variées et touchent de nombreux domaines de la biodiversité marine et terrestre. La vanille et le girofle font notamment partie des entreprises citées.
Nombre de ces intentions d’entrepreneuriat ont un point commun : la biovalorisation des ressources.

Madagascar regorge de richesses qui ne sont pas exploitées. Multiplier les activités génératrices de revenu en les conciliant avec les exigences du développement durable est un moyen original de valoriser les richesses naturelles et humaines de Madagascar.

Cela pourrait alors constituer un débouché pour l’important potentiel des étudiants malgaches, et pourquoi pas intéresser également La Réunion. Prisonnière d’un système économique inadaptée, La Réunion peine en effet à donner à sa jeunesse le droit d’avoir un travail digne et en rapport avec ses compétences.

M.M.


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