APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
2 septembre 2008

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) encourage à Madagascar l’augmentation de la production de riz grâce aux semis de contre-saison en juillet et août afin de réduire les coûteuses importations alimentaires.
Les semis de juillet et août pourraient donner une production supplémentaire considérable car, généralement, les agriculteurs de Madagascar ne sèment que durant la saison principale des pluies qui démarre en novembre, explique le Coordonnateur de la FAO pour les urgences à Madagascar, Marco Falcone, dans un communiqué. Dans l’Est de Madagascar, une campagne de semis d’un mois est en train de s’achever visant à garantir des approvisionnements vivriers locaux suffisants, en particulier en riz.
En juillet, la FAO a lancé un projet de coopération technique d’urgence d’un montant de 500.000 dollars qui prévoyait la livraison de semences de riz, de haricots et d’engrais à quelque 6.000 familles d’agriculteurs de l’île. Ces ménages, durement frappés par les cyclones qui, ces derniers mois, ont balayé 80% de la dernière récolte, ont été réduits à consommer les derniers stocks de semences.
« Chaque année, Madagascar importe environ 200.000 tonnes de riz destinées à la consommation. Cette année, le déficit est estimé à 270.000 tonnes, ce qui posera des problèmes », indique Marco Falcone. « Importer du riz aux cours mondiaux signifie payer 70% de plus que les prix locaux actuels, et cette situation risque de durer », ajoute-t-il.
A moyen terme, les partenaires de développement, dont la Banque mondiale, soutiennent le gouvernement malgache dans ses objectifs d’accroître la production annuelle de riz paddy de 500.000 tonnes par an en l’espace de trois ans. La production nationale s’établissant actuellement à environ 3,5 millions de tonnes par an, cela permettrait de satisfaire les besoins du pays et de vendre les excédents.
Il faudrait pour cela mettre en exploitation les terres arables actuellement inutilisées en développant les périmètres d’irrigation et en garantissant un recours régulier aux engrais, ce qui permettrait également d’étendre la production au-delà de la campagne principale.
Il faudrait aussi améliorer le transport vers les marchés : les régions rizicoles de Madagascar affichent souvent des excédents de production, tandis que d’autres régions du pays subissent des hausses de prix, tout cela à cause d’infrastructures médiocres.
L’accroissement de la production rizicole ne serait, toutefois, pas la seule mesure nécessaire pour résoudre une situation chronique de pauvreté et de malnutrition à Madagascar. « La sous-alimentation à Madagascar est aggravée par la dépendance des habitants vis-à-vis d’un seul aliment (le riz) qui fournit des calories mais pas beaucoup de nutriments ni de protéines », explique M. Falcone. Par ailleurs, le sud du pays, plus sec, ne produit pas de riz du tout. Et le transport vers les régions du sud est un obstacle supplémentaire.
Parallèlement aux semis de riz et de haricots dans les régions frappées par les cyclones, le Sud rentre ses premières récoltes de sorgho, grâce au soutien de la FAO, de l’USAID et de l’ICRISAT (l’Institut International de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides). Il s’agit de restituer à cette zone une culture traditionnelle qui peut continuer à prospérer malgré les périodes de sécheresse brutale dont est victime la région.
« C’est la première véritable récolte de sorgho au Sud en près de 20 ans », fait remarquer Tom Osborn, fonctionnaire agricole du Service des semences et des ressources phytogénétiques de la FAO. « A Madagascar, le sorgho a disparu de l’alimentation où il occupait la place centrale au milieu des années 90, lorsque les années de famine ont contraint la population à consommer les récoltes et les semences pour survivre. Les semences de sorgho de qualité n’étaient plus disponibles au Sud de l’île, de sorte que le sorgho a fini par être remplacé en grande partie par le maïs », explique M. Osborn.
Mais le maïs ne peut plus garantir de rendements élevés dans le sud de l’île, qui devient de plus en plus aride chaque année. Afin d’accroître les approvisionnements locaux, la FAO a réintroduit le sorgho et le maïs à cycle court, moins vulnérable aux vagues de sécheresse en raison de la brièveté de son cycle de croissance.
(Sources : ONU)
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