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Présentation du Plan de relance du secteur du logement à Madagascar
22 mai 2023, par

Ce 19 mai, le Secrétariat d’État aux Nouvelles villes et à l’Habitat accueillait l’atelier sur la relance du secteur du logement à Madagascar. Le SENVH a présenté une feuille de route sur 5 ans en présence de représentants du monde de la Construction : entreprises du BTP, architectes banques et assureurs notamment. Vu de La Réunion, une information doit interpeller : un logement social de qualité en accession à la propriété coûte 10000 euros à Madagascar.
En ouverture de l’atelier organisé au siège du SENVH à Anosy, Antananarivo, Gérard Andriamanohisoa, secrétaire d’Etat aux Nouvelles villes et à l’Habitat, a rappelé que le logement était un défi considérable à Madagascar. Il s’agit de répondre aux besoins actuels et futurs dans un pays marqué par une forte croissance démographique, très vulnérable au changement climatique. L’objectif est d’améliorer les conditions de vie de la population.
L’Etat fixe comme priorité la réalisation de logements adaptés aux capacités contributives des Malgaches et s’inscrit surtout dans un rôle de facilitateur. Cette politique de relance s’appuie sur la Loi sur la promotion du logement. Elle prévoit la création du Fonds national pour le logement.
Ce fonds a pour but de dynamiser la construction de logements sociaux. Il sera notamment abondé par une fraction des.profits de l’industrie minière et extractive. Cette disposition sera précisée dans le nouveau Code minier actuellement en phase finale d’adoption par le Parlement.
Un Fonds national pour Le logement
Les crédits du Fonds national pour le logement seront accessibles aux opérateurs privés, notamment pour cofinancer la viabilisatiion et la connexion au réseau routier, à l’électricité et à l’eau. La condition sera la construction d’un nombre minimal de logements sociaux dans l’opération. Le SENVH propose de fixer un taux minimal de 30% de logements sociaux.
Pour favoriser la construction, l’Etat constitue des réserves foncières pour les logements sociaux. 3000 hectares ont été repérés, 200 parcelles ont déjà trouvé une destination, plus de 10 sites sont bornés et titrés.
Adapter les offres aux revenus des familles
Sur ses fonds propres, l’Etat à lancé depuis plusieurs années un plan de construction de logements adaptés à la capacité financière des ménages. Tout d’abord les buildings et maisons Mora, des locations ventes pour des familles ayant accès au crédit bancaire. Le prix d’une maison Mora en duplex est d’un peu plus de 10000 euros.
Pour les buildings Mora livrés à Ivato, le taux de l’emprunt bancaire a pu être ramené à 6% alors que pour les prêts immobiliers à Madagascar, ce taux se situe aux alentours de 12% en moyenne.
Une autre offre est la maison extensible, que la famille agrandit en fonction de ses revenus. L’Etat a aussi lancé un programme de constructions de cases traditionnelles améliorées, principalement dans la région Ouest. Pour 500 euros, il est possible d’avoir une maison résistante aux cyclones.
Promotion de l’autoconstruction encadrée
Pour les familles qui n’ont pas accès au crédit bancaire, l’État viabilise des parcelles avec accès à l’eau et à l’électricité. À charge ensuite à la famille de bâtir son logement avec l’autoconstruction encadrée. Le transfert de propriété avec titre est opéré après la construction de la première pièce.
D’ici juillet, 936 logements Mora auront été attribués et plus de 1500 seront en chantier cette année. Plus de 4800 parcelles pour l’autoconstruction seront également viabilisées. Au total fin 2023, ce seront plus de 3700 logements livrés.
D’ici 2028, l’Etat prévoit la livraison de près de 55000 logements.
D’autres ateliers prolongeant celui de vendredi dernier ont été annoncés par Gérard Andriamanohisoa, notamment sur le thème de l’accès aux prêts bancaires. Une représentante d’une importante banque implantée dans toutes les régions de Madagascar a indiqué qu’en 2021, sa société a accordé 20 prêts immobiliers pour tout le pays.
Un système à étudier
10000 euros pour un logement social en accession à la propriété à Madagascar contre plus de 150 000 euros à La Réunion avec les mêmes normes de construction.
Les salaires à eux seuls ne peuvent expliquer une telle différence. Ceci souligne bien l’ampleur de la crise du logement à La Réunion, notamment parce que l’objectif n’est pas de fournir un logement adapté aux capacités contributives des familles. Les promoteurs savent qu’ils peuvent compter sur l’aide sociale pour permettre aux familles de vivre dans un logement social malgré un coût de construction très élevé.
Dans le domaine du logement social, Madagascar montre qu’il est possible de construire durable et pas cher. Pourquoi alors ne pas organiser des missions à Madagascar pour étudier un système manifestement plus adapté aux Réunionnais ?
Manuel Marchal
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