Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
4 des 5 dépressions suffisamment fortes pour être nommées se sont abattues en moins de 2 moins sur la Grande Île : Ana, Batsiraï, Dumako et Emnati
24 février 2022, par

« Emnati a anéanti le Sud-Est », c’est le titre à la « une » de notre confrère « L’Express ». Sur la base des premiers témoignages et bilans, cette analyse est partagée par de nombreux journaux à Madagascar qui font la « une » sur cette actualité. Batsiraï avait quasiment détruit Mananjary, Emnati a démoli 2000 maisons à Manakara et détruit plus de 70 % de Farafangana.
Comme de nombreux autres quotidiens à Madagascar, notre confrère « l’Express » fait sa « une » sur les ravages causés par le passage du cyclone Emnati sur les terres du Sud-Est de la Grande Île. Voici un extrait de son article :
« Un réveil affreux pour les habitants des régions du Sud-Est. Emnati a anéanti ces régions. « Nous étions certes contents de nous retrouver vivants le matin, après le passage de ce cyclone. Mais c’était pénible de trouver les dégâts qu’il a laissés, le matin », indique une source à Manakara. La gendarmerie de la région de Fitovinany recense deux mille six cent vingt-quatre cases démolies par Emnati. « Il ne s’agit que d’un bilan provisoire. Ces chiffres peuvent encore augmenter, au fur et à mesure de la disponibilité des données », souligne cette source auprès de la gendarmerie. Selon son témoignage, le cyclone tropical, qui a atterri dans le district de Manakara, a rasé ce district. « La plupart de ces deux mille maisons démolies se trouvent à Manakara. Batsirai a déjà fragilisé ces cases d’habitation. Lorsqu’Emnati est passé avec du vent fort, il a tout balayé », déplore-t-elle.
À Farafangana, une source locale estime que la ville est détruite à 70, voire à 80 %. « Emnati a été plus intense que Batsirai dans notre district. Nous sommes en pleine évaluation des dégâts causés par ce cyclone. Mais d’un premier coup d’œil, nous pouvons affirmer que plusieurs maisons et bâtiments publics sont détruits. Plusieurs routes sont coupées. Même des sites qui ont servi à accueillir les sinistrés ont été décoiffés », affirme notre source. »
L’heure est au bilan avant de reconstruire en sachant que la saison cyclonique est loin d’être terminée. Madagascar a été touchée depuis janvier par quatre des cinq tempêtes de la saison cyclonique de l’océan Indien suffisamment violentes pour être nommée : Ana, Batsiraï, Dumako et Emnati.
Ana avait notamment concerné les Hautes Terres avec d’importantes inondations dans la région de la capitale Antananarivo. Des dizaines de milliers de personnes durent se réfugier dans des centres d’hébergement. Le nombre était si important que les coursives du stade de Mahamasina ont été transformées en lieu d’accueil.
Batsiraï a ensuite frappé la région de Mananjary, avec des dégâts dans d’autres régions, jusqu’à Antsirabe où notamment le toit d’un collège a été arraché. Plus de 120 personnes ont perdu la vie, la plupart dans l’effondrement de leurs maisons.
Puis ce fut Dumako qui amena de fortes pluies sur l’Est. Toamasina, deuxième ville du pays, a été totalement inondée. L’eau stagnait encore dans les rues au moment où Emnati est entrée sur la terre après être passée à 300 kilomètres de La Réunion.
Cette succession de catastrophes pourrait bien encore s’allonger car la saison cyclonique n’est pas finie. La Réunion a été concernée par deux de ces phénomènes.
Batsiraï est passé à 200 kilomètres et a gravement touché l’agriculture, avec des pertes estimées à 47 millions d’euros dont la plupart ne sont pas assurées. Il faudra attendre les indemnités de l’État au titre du classement en catastrophe naturelle et calamité agricole pour une réparation qui ne sera que très partielle compte tenu des documents demandés, factures et autres.
Emnati a longé nos côtes plus loin encore, 300 kilomètres. Mais la houle et les pluies qui ont touché le Nord de l’île ont amené à d’importantes pertes pour l’économie en raison de la fermeture de la route du littoral pendant plusieurs jours. L’éboulis survenu hier a rappelé les 10 ans perdus par l’ex-mandature de la Région qui disposait des crédits pour sécuriser l’axe La Possession Saint-Denis. L’Alliance dirigée par Paul Vergès avait obtenu de l’État le co-financement d’un train et d’une nouvelle route du littoral. Les deux chantiers devaient être terminés au plus tard en 2017. 5 ans plus tard, les Réunionnais n’ont ni l’un, ni l’autre, juste une demi-route en mer qui nécessite d’ores et déjà d’importants travaux de reprise pour espérer une mise en service cette année.
Fort heureusement pour La Réunion, l’œil de ces cyclones est passé bien au large. Nous avons été préservés. Et maintenant, La Réunion est en première ligne de la solidarité avec les victimes de ces 4 cyclones. Sera-t-elle à la hauteur des espoirs légitimes
M.M.
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