Manifestations hier dans la capitale

Madagascar : entre appel au dialogue et tentative de coup d’État à Antananarivo

2 octobre 2025, par Manuel Marchal

Au lendemain de l’appel au dialogue lancé par le chef de l’État pour rechercher des réponses à l’urgence sociale, notamment l’accès à l’eau et à l’électricité, la situation politique s’est encore tendue. Alors que l’exécutif tend la main, les dirigeants du mouvement Gen Z refusent toute concertation et appellent à une confrontation directe, allant jusqu’à pousser le pays au bord de la guerre civile. La revendication initiale — l’accès à des services essentiels tels que l’eau et l’électricité — a disparu, remplacée par une exigence de changement de pouvoir. Une telle évolution interroge : ne s’agit-il pas là d’une tentative de coup d’État ? Qui se cache derrière les dirigeants de Gen Z ?

Hier, des milliers de citoyens, exaspérés par la tournure des événements, étaient attendus dans la capitale pour manifester en faveur du respect de la Constitution et d’un retour au calme. Mais, dans le même temps, les dirigeants de Gen Z appelaient à « l’union du peuple » afin d’obtenir le départ du président Andry Rajoelina, du Sénat, de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) et même de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), l’organe chargé de garantir la régularité du processus électoral.
Ainsi, la revendication initiale — l’accès à des services essentiels tels que l’eau et l’électricité — a disparu, remplacée par une exigence de changement de pouvoir. Une telle évolution interroge : ne s’agit-il pas là d’une tentative de coup d’État ? Qui se cache derrière les dirigeants de Gen Z ? Plusieurs personnes ont déjà payé de leur vie cette stratégie d’affrontement.

Les étudiants affirment ne tolérer « aucune manipulation politique »

Dans ce climat tendu, plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer les manipulations politiques et l’instrumentalisation de la colère populaire. Les étudiants d’Antananarivo, particulièrement mobilisés depuis le début de la crise, ont tenu à clarifier leur position. Ils affirment ne tolérer « aucune manipulation politique » et rejettent toute tentative de récupération de leur mouvement.
Face à ce qu’ils considèrent comme une dérive dangereuse, les étudiants appellent à une mobilisation massive et pacifique. Ils donnent rendez-vous ce jeudi dès 8 heures du matin au campus d’Ankatso pour unemanifestation en faveur de leurs revendications légitimes et pour rappeler que leur lutte est d’abord sociale et citoyenne, et non une marche vers l’affrontement politique.
Alors que le pays traverse une crise profonde, deux voies semblent désormais s’opposer : celle du dialogue et de la recherche de solutions concrètes aux urgences sociales, et celle du coup d’Etat qui risque d’entraîner La Grande Île dans une spirale d’instabilité politique qui aggravera une situation déjà très difficile pour beaucoup.

M.M.

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