Paul Vergès : Penseur et homme d’action
1er septembre, parPaul Vergès : 2016-2026
Commémoration de la révolte de 1947 contre les colonialistes français
9 février, par

Il est du devoir du gouvernement de Madagascar de faire revivre l’Histoire de la Nation et de transmettre à la jeunesse le sacrifice et le patriotisme des Héros de 1947. À l’approche du 79e anniversaire de la révolte malgache, l’État malgache prépare une commémoration essentielle pour la mémoire collective et la souveraineté nationale, indique l’Agence Depêche informative Taratra.
Le 29 mars 1947 reste l’une des dates les plus fondatrices de l’histoire de Madagascar. Des patriotes attaquèrent le camp militaire français à Moramanga, le lendemain, l’armée coloniale commença à massacrer la population. Le peuple malgache s’était soulevé contre l’ordre colonial français, porté par une aspiration profonde à la liberté, à la dignité et à l’indépendance. Cet ordre colonial était la suivant : au sommet les Français, les Réunionnais se situaient sous la classe dominante, au-dessus des Malgaches de nationalité française et des Malgaches. Cette révolte, longtemps minimisée par l’administration coloniale, fut en réalité une véritable guerre de libération nationale qui dura des mois dans une vaste région de Madagascar.
La répression qui s’abattit sur l’île fut d’une brutalité extrême. Les colonialistes avaient comme objectif de détruire le MDRM, qui avait 3 députés sur 3, et qui était un large front de libération, à l’image du CRADS à La Réunion, porteur d’un projet de développement anti-colonial. Paris voulait promouvoir le PADESM, un parti porté par les colonialistes français qui fut mis au pouvoir par Paris en 1960, quand Madagascar redevint indépendant. Villages incendiés, exécutions sommaires, arrestations massives, tortures : le bilan humain reste encore débattu, mais les historiens s’accordent aujourd’hui sur des dizaines de milliers de morts, civils pour la plupart. Une génération sacrifiée pour que survive l’idée même de souveraineté. Pendant des décennies, ce crime colonial fut passé sous silence, notamment à La Réunion. Seul Témoignages informait la population réunionnaise des méthodes de la GESTAPO employées par l’armée coloniale.
Aujourd’hui, à l’approche du 79e anniversaire de l’insurrection, l’État malgache affiche la volonté de faire revivre cette page essentielle de l’Histoire nationale. La première réunion du comité technique chargé d’organiser la commémoration de la lutte de libération du 29 mars 1947 pour 2026 s’est tenue officiellement samedi à Antananarivo. Cette rencontre marque une étape importante dans la reconnaissance institutionnelle du sacrifice des combattants patriotiques.
Placée sous la direction du Général Randrianantenaina Emilson, président du comité et Directeur des Combattants Patriotiques (DCN) au sein du Ministère de la Foloalindahy, cette initiative vise à structurer une commémoration à la hauteur de l’événement historique. Des réunions hebdomadaires se tiendront ainsi au DCN Analakely jusqu’à la date du 29 mars, afin d’assurer une préparation rigoureuse et inclusive.
La réunion a été officiellement ouverte par le Général Andriamasinoro Fanjanirina, secrétaire général du ministère de la Foloalindahy, représentant le ministre, président de la commémoration. Autour de la table, hauts responsables ministériels, institutions gouvernementales et associations concernées ont travaillé de concert, conscients de l’enjeu mémoriel et politique.
Car commémorer 1947 n’est pas un simple rituel. C’est un acte de transmission, un devoir de vérité, une arme contre l’oubli. Faire revivre cette histoire, c’est rappeler que l’indépendance n’a pas été octroyée mais arrachée au prix de la lutte. C’est aussi passer le flambeau à la jeunesse malgache, afin qu’elle comprenne que la liberté, la justice et la souveraineté sont des conquêtes permanentes, héritées du courage de celles et ceux qui ont osé dire non à l’oppression.
M.M.
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