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Madagascar refuse de prendre parti pour l’Ukraine : renforcement de la coopération avec les Etats-Unis évoquée

« La relation diplomatique entre la Grande Île et les États-Unis est au beau fixe »

mercredi 28 septembre 2022, par Manuel Marchal


Madagascar a clairement refusé de soutenir l’Ukraine soutenue par l’OTAN dans la guerre contre la Russie. Le 21 août, l’ambassadrice des USA à Madagascar avait dit « son regret que Madagascar ne prenne pas position en faveur de l’Ukraine ». Un mois plus tard, le président de Madagascar a été reçu avec tous les honneurs par son homologue des États-Unis. D’importants projets de coopération sont évoqués sans que le choix du non-alignement de Madagascar dans la guerre en Europe ne soit remis en cause.


Un communiqué de la présidence de la République de Madagascar indique que :
« Madagascar était à l’honneur à New-York pendant le 77e Assemblée Générale des Nations Unies. En effet, le 21 septembre 2022, le Président de la République Andry Rajoelina et son épouse Mialy Rajaoelina étaient les invités du Président des États-Unis Joe Biden et son épouse, Dr Jill Biden lors d’un dîner officiel qui s’est tenu à l’American Museum of Natural History. Actuellement, la relation diplomatique entre la Grande Île et les États-Unis est au beau fixe. Cette invitation historique confirme la relation de confiance, mais aussi la reconnaissance du Président Biden au Chef de l’État Malagasy. D’ailleurs, outre la convivialité entre le couple Biden et le couple présidentiel malgache qui était mise en avant durant ce dîner, le renforcement de la coopération y avait également été évoqué ».

Le communiqué précise que :
« Pour ne citer que les trois projets qui ont reçu l’appui du Gouvernement américain à hauteur de 100 millions de dollars, par le biais de l’USAID, en faveur des régions du Sud de Madagascar. Il s’agit notamment du Projet Firanga d’un montant de 10 millions de dollars qui vise à apporter une aide alimentaire qui bénéficie à 222.000 personnes dans les régions durement touchées par la sècheresse, à savoir l’Atsimo Andrefana et l’Androy. Également le projet Maharo, d’une durée de 5 ans et dont le financement s’élève à 45 millions de dollars, qui répondra aux besoins nutritionnels à long terme au profit de plus de 279.000 personnes vulnérables dans l’Atsimo Andrefana et l’Androy. Enfin, le projet Fiovana, à hauteur de 45 millions de dollars sur une durée de 5 ans, qui réduira l’insécurité alimentaire chez plus de 428.000 personnes dans les régions Vatovavy, Fitovinany et Atsimo Atsinanana.
Rien qu’en 2020, l’aide de l’USAID à Madagascar s’élevait à 114 millions de dollars, dont 62 millions pour soutenir le secteur santé où les États-Unis d’Amérique est le plus grand pays donateur. A travers ces activités, les États-Unis ont aidé plus de 4 millions de mères ainsi que 2 millions d’enfants à rester en bonne santé et ont fourni à 76.303 personnes un accès à l’eau potable ».

Rappelons que comme la majorité des États membres de l’ONU, Madagascar a refusé de prendre parti dans la guerre qui oppose l’Ukraine armée par l’OTAN et la Russie. Cette attitude a fait de Madagascar la cible de pressions de l’Union européenne. Le 21 août dernier, l’ambassadrice des États-Unis à Madagascar, Claire Pietrangelo, avait abondé dans ce sens, affirmant ceci : « son regret que Madagascar ne prenne pas position en faveur de l’Ukraine ».
Trois jours plus tard, un article de Lendremakely Rabezeroma de l’Agence Taratra revenait sur la publication la veille de Diplomatika, bulletin du ministère malgache des Affaires étrangères, qui précisait la stratégie de la diplomatie de Madagascar : « nous ne sommes pas indifférents face aux évènements mondiaux dont les conséquences n’épargnent pas notre pays mais nos prises de position sont guidées par nos priorités ». « Notre diplomatie est celle de l’ouverture : décomplexée, non exclusive et guidée par les intérêts de la Nation. Approfondir nos relations avec tous les partenaires internationaux qui peuvent nous aider à atteindre nos objectifs de développement : tel est notre vision (…) Cette diplomatie non exclusive passe naturellement par la consolidation de nos alliances basées sur la proximité géographique et les affinités culturelles (…) Nos intérêts ne peuvent être dissociés de l’Afrique ».
Diplomatika précisait également ceci : « Il nous faut également raffermir nos relations historiques avec nos partenaires traditionnels tout en leur prospectant de nouvelles opportunités de coopération ». Et le bulletin du ministère des Affaires étrangères de conclure : « Nous insisterons davantage de nos partenaires techniques et financiers une relation équilibrée fondée sur le respect. Nous recherchons un partenariat gagnant-gagnant. Madagascar n’a pas de leçon à recevoir, nous sommes un État souverain ».
Quand le président des États-Unis décide de recevoir le chef de l’État malgache, il connaît la réponse diplomatique apportée aux remontrances de son ambassadrice à Antananarivo au sujet du refus de Madagascar de soutenir la guerre contre la Russie.
Mais pour les États-Unis, il n’est manifestement pas question de mettre encore la pression sur Madagascar, qui est donc considéré comme un pays à ne pas négliger et à respecter sur le plan international.

M.M.


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