Visite du président de la Refondation de la République de Madagascar en Afrique du Sud

Madagascar veut être partenaire des BRICS

20 janvier, par Manuel Marchal

Selon « L’Express de Madagascar » du 9 janvier 2026, Madagascar pourrait devenir pays partenaire des BRICS. C’est ce qu’il ressort des échanges à Pretoria entre Cyril Ramaphosa, président de l’Afrique du Sud et le colonel Michaël Randrianirina, président de la Refondation de la République de Madagascar,. Cette démarche s’inscrit dans l’expansion rapide du groupe, devenu un acteur majeur du Sud global, moteur de l’économie mondiale.

Madagascar pourrait prochainement rejoindre le cercle des pays partenaires des BRICS, le bloc qui réunit historiquement le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud. Cette perspective stratégique a été évoquée lors de la récente visite de travail du colonel Michaël Randrianirina à Pretoria.

Invitation possible au prochain sommet des BRICS

À l’issue de cette rencontre, le responsable malgache a indiqué que le président Cyril Ramaphosa avait accepté la demande visant à faire de Madagascar un pays partenaire et ouvert la voie à une invitation au prochain sommet des BRICS, prévu en juin en Inde. La décision finale appartient toutefois à l’ensemble des membres, réunis en sommet officiel.

BRICS en expansion

Lancée en 2006 sous la forme du « BRIC », l’initiative regroupait alors le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine. L’Afrique du Sud a rejoint le groupe en 2010, donnant naissance au format actuel « BRICS ». Depuis, le bloc n’a cessé de se structurer et d’élargir son influence.
Une nouvelle phase d’expansion s’est ouverte lors du sommet de Johannesburg en août 2023, au cours duquel six nouveaux États ont été invités à adhérer. À compter du 1er janvier 2024, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Iran, l’Égypte, l’Éthiopie et l’Argentine devaient intégrer le groupe, même si certains pays ont par la suite ajusté leur calendrier ou leur participation.

Une gouvernance économique plus équilibrée

Parallèlement, les BRICS se sont dotés d’instruments concrets, conçus comme des alternatives aux institutions issues des accords de Bretton Woods. En 2014, ils ont créé la Nouvelle Banque de Développement (NBD), basée à Shanghai, destinée à financer des projets d’infrastructures et de développement durable dans les pays membres et partenaires. La NBD a déjà soutenu des centaines de projets dans les domaines de l’énergie, des transports, de l’eau et du numérique.
Les BRICS ont également mis en place l’Accord de réserve de contingence, un mécanisme de soutien financier visant à aider les pays membres en cas de crise de liquidité, réduisant ainsi leur dépendance au Fonds monétaire international.
À travers ces instruments, le bloc promeut une gouvernance économique plus équilibrée, une coopération Sud-Sud renforcée et un système financier international moins centré sur les puissances occidentales.

Vers une intégration plus large dans un pôle émergent

Dans ce contexte, l’éventuelle accession de Madagascar au statut de pays partenaire lui offrirait un accès privilégié à ces mécanismes, renforcerait son attractivité économique et consoliderait sa place dans un ensemble international en pleine recomposition. Devenir partenaire des BRICS représenterait ainsi une étape stratégique vers une intégration plus large dans un pôle émergent capable de peser durablement sur les équilibres économiques et géopolitiques mondiaux.

M.M.

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