APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Crise à Madagascar — 4 —
24 février 2009, par

Les jeudi et vendredi de la troisième semaine de février furent marqués par des évènements importants à Antananarivo.
Le jeudi 20, après négociations entre les ministres de la Défense, du Gouvernement Ravalomanana et de la Transition, il fut convenu tacitement entre les deux parties de proscrire l’usage de la force.
Le Gouvernement de la Haute autorité de la Transition décidait alors la prise pacifique des ministères, en y installant certains ministres, ce qui fut fait sans opposition de la part des forces armées qui avaient dressé des barrages dans les rues alentour du quartier d’Ampefiloha, où se trouvent de nombreux ministères. Jusqu’en début de soirée, quatre ministres de la Transition, conduits par le Premier ministre Monja Roindefo, purent s’installer dans leurs bureaux respectifs : le Ministère de la Sécurité Intérieure, le Ministère de l’Aménagement du territoire, le Ministère de l’intérieur, le Ministère de l’Éducation de base.
Une nouvelle fusillade
La Haute autorité de la Transition décidait alors la mise en place de comités de vigilance populaire, élus par la population des quartiers environnants, chargés de protéger les bâtiments ministériels et le matériel s’y trouvant. Vinrent s’adjoindre à ces comités de vigilance des réservistes qui s’étaient portés volontaires pour leur prêter main-forte. Il importe de noter que ni les comités de vigilance, ni les réservistes n’étaient armés,
Or, le vendredi 21 février, vers trois heures du matin, des groupes de quelque trois cents militaires armés transportés par plusieurs camions et précédés de chars de combat firent irruption sur les lieux, faisant usage de mitraillettes et de canons légers, pour tirer sur les comités de vigilance et les réservistes pourtant désarmés. Ces derniers, submergés par le nombre des assaillants, durent prendre la fuite, mais la fusillade fit neuf victimes dont une femme, et une cinquantaine furent emmenés de force au camp de la gendarmerie de Betongolo où ils furent retenus sans mandat d’arrêt, ni autre décision de justice.
Andry Rajoelina appelle l’armée à se joindre au mouvement populaire
On se doute des sentiments de colère ressentis par les dirigeants du mouvement populaire et la population, révoltés par cette nouvelle tuerie causée par l’utilisation de moyens disproportionnés contre des civils qui ne faisaient que protéger des bâtiments administratifs.
La foule rassemblée sur la Place du 13 Mai par les organisateurs du mouvement fut exhortée par Andry Rajoelina à participer à une marche pacifique sur des bâtiments administratifs qui ne furent pas cités ; l’orateur appelait également les officiers supérieurs des forces armées (armée, police, gendarmerie), leur donnant jusqu’à minuit le temps de réfléchir pour se joindre au mouvement.
Si on ignore le nombre de personnel militaire ayant répondu à cet appel, il est notoire que l’utilisation de chars et armes de combat contre des civils causât un véritable séisme au sein des forces armées, les généraux de la gendarmerie et de l’armée ayant été pris de court par les évènements.
On sait que ces matériels de combat sortis de ces camps par des colonels furent utilisés sans l’aval de leurs supérieurs hiérarchiques.
Contrairement aux affirmations du correspondant de RFI, cette reprise des ministères par le camp Ravalomanana ne fut pas pacifique, car des observateurs nationaux et étrangers (dont des fonctionnaires des Nations Unies qui purent filmer le déroulement des évènements) déclarèrent qu’ils croyaient se trouver à Bagdad et non plus à Antananarivo !
L’initiative de la FFKM
Alors que Andry Rajoelina, à la tribune du 13 Mai, donnait les détails sur la préparation de la marche pacifique du lendemain, il reçut une missive urgente des quatre dirigeants de la Confédération des Eglises chrétiennes (FFKM) qui l’invitait ainsi que Marc Ravalomanana à se rencontrer dans un lieu « neutre » le même jour à 13 heures. Le FFKM autant que les deux protagonistes étaient conscients que le pays risquait d’aller vers une guerre civile. Andry Rajoelina donnait alors connaissance aux manifestants du contenu de la missive du FFKM et les informait qu’il ne pouvait refuser cette confrontation, s’agissant de l’intérêt supérieur de la Nation.
A l’issue de ce premier face-à-face qui ne devait durer que trois quart d’heure, Andry Rajoelina convoquât une conférence de presse et fit une déclaration sur les radios et télévision Viva pour informer l’opinion du déroulement de la rencontre. Par un accord préalable à des discussions plus poussées, les deux parties décidaient que :
- Les manifestations publiques à Antananarivo seraient suspendues
- Les membres des comités de vigilance et les réservistes arrêtés le vendredi au petit jour seraient libérés
- Les médias des deux parties éviteraient les provocations verbales.
Les discussions au fond devaient reprendre ce lundi 23 février, et les observateurs estiment qu’elles dureront un certain temps.
Bernard Yves
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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