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Kafé Politika à l’Institut d’études politiques de Madagascar
20 novembre 2024, par

Le Kafé Politika fait son grand retour à l’Institut d’Études Politiques (IEP) de Madagascar, avec une nouvelle saison de débats animés par le club CVIP. Chaque premier vendredi du mois, cet espace de réflexion propose des discussions ouvertes sur des questions cruciales pour la région. Le thème de du 15 novembre était le suivant : « Madagascar, victime ou acteur de la géopolitique régionale ? ». Les débats ont été suivis de questions et d’échanges avec le public qui inaugure le cycle « Madagascar présidente de la COI » qui s’ouvre à l’IEP Madagascar cette année 2024-2025.
Situé à Antananarivo, l’Université privée dénommée Institut d’études politiques de Madagascar organise Chaque premier vendredi du mois un club CVIP permettant des débats sur des questions d’ordre stratégique. « Madagascar, victime ou acteur de la géopolitique régionale ? » était le thème du débat du 15 novembre.
Pour l’occasion, quatre intervenants de renom étaient invités à partager leurs analyses : Patrick Rajoelina, ancien ministre des Affaires étrangères malgaches, Josie Dominique, enseignante-chercheure à l’Université d’Antsiranana et chercheuse associée au Centre de Recherche Politique de Madagascar, Freddie Mahazoasy, enseignant-chercheur à l’Université d’Antsiranana et Nathalie Faniry, agent diplomatique et consulaire du Ministère des Affaires étrangères.
L’un des premiers points abordés par Freddie Mahazoasy a été la question des relations de pouvoir en géopolitique. Il a souligné la position de Madagascar en tant que dominé dans certains aspects de sa politique étrangère et économique. Selon lui, la clé pour Madagascar de jouer un rôle dominant réside dans la valorisation du capital humain, un élément essentiel à rehausser dans la politique de l’État. Il a également mentionné que la maîtrise des technologies modernes serait un autre levier fondamental pour renforcer la position du pays.
De son côté, Patrick Rajoelina a fermement rejeté l’idée que Madagascar puisse être considéré comme une victime dans la scène géopolitique. « Aucun État n’est victime. Avec toutes les ressources à notre disposition, comment pouvons-nous nous considérer comme victimes ? », a-t-il insisté. L’ancien ministre a également souligné l’importance d’une coopération internationale élargie, notamment avec les pays du Sud, et a vu dans une éventuelle réélection de Donald Trump aux États-Unis une opportunité pour l’Afrique de remodeler son destin dans un nouvel ordre mondial.
Josie Dominique, quant à elle, a insisté sur l’importance de la stratégie pour devenir un acteur géopolitique. Elle a mis en avant la faiblesse des marines malgaches, qui représentent seulement entre 5 et 10 % de l’armée nationale, d’où un manque de moyen pour la sécurité maritime. En outre, elle a mentionné un problème récurrent : un manque de lisibilité dans la diplomatie malgache, qui freine son influence sur la scène internationale. Enfin, elle a souligné l’urgence d’attirer davantage d’Investissements Directs Étrangers (IDE) pour renforcer les positions de Madagascar dans la géopolitique régionale.
Pour sa part, Nathalie Faniry a insisté sur le rôle stratégique des diasporas dans la promotion des IDE. Elle a pris l’exemple du différend en cours entre Madagascar et les Comores pour illustrer l’importance de la diplomatie régionale. « Le statut d’acteur géopolitique ne s’acquiert pas facilement. Il faut être proactif, et encourager les jeunes à s’impliquer dans le développement de Madagascar », a-t-elle conclu.
Ce débat a été l’occasion d’un échange nourri avec le public, un moment fort qui a lancé le cycle 2024-2025 du Kafé Politika, consacré cette année à la présidence de la Commission de l’Océan Indien (COI) par Madagascar. Ces discussions s’inscrivent dans une volonté de promouvoir la politique étrangère malgache, afin de renforcer son rôle dans la géopolitique régionale.
M.M.
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